De septembre 2009 à l’automne 2011, Franchement contemporain a été un blog très actif. Pas moins d’un article par mois pendant deux ans, suivant l’actualité de l’art contemporain en Franche Comté. Chroniques d’expositions mais aussi rencontres avec les artistes et les acteurs de ce secteur ont donné corps à ce projet au fil des mois.

Bénévole et entièrement libre de sa ligne rédactionnelle, ce blog a été un réel plaisir. Plaisir que je souhaite retrouver dès que possible. Sauf que les jours ne font que 24 heures…

En attendant les archives sont toujours disponibles…



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dimanche 23 janvier 2011

Exposition FIGURES DE L'HUMAIN à Belfort


BELFORT jusqu'au 3 mars



Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
http://www.theatregranit.com/

et

Ecole d'Art Gérard Jacot, 2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
http://www.ecole-art-belfort.fr/


Pauline Curnier-Jardin, Pauline Fouché, Elina Juopperi,
Laurence Nicola, David Ortsman, Sung-A Yoon, Lorena Zilleruelo


Ce que je sais d'eux… après quelques temps à regarder leurs œuvres un après-midi de janvier.
7 artistes d'horizons différents réunis pour une exposition en deux lieux belfortains, la galerie du Granit et l'Ecole d'Art Jacot. 7 jeunes artistes issus de l'Ecole nationale supérieure d'arts de Cergy. 7 artistes audacieux, aux idées fraîches et dignes du plus grand intérêt… puisque je m'y intéresse….

Le thème : le question de la représentation de l'humain ou comment ce que l'on croit savoir de l'autre nous parle finalement autant, si ce n'est plus, de nous même que de l'autre.
On sourit de voir les passants interrogés dans la vidéo de Sung-A Yoon, se dépatouiller avec le sens qu'ils attribuent au prénom de l'artiste coréenne, ainsi qu'avec sa prononciation, oubliant qu'on pourrait être à leur place. On s'interroge sur ce qui a bien pu amener Laurence Nicola à couper les poils de son manteau comme on se rase la tête un jour de colère. On s'irrite de savoir quand la même artiste va arrêter de s'enfiler des bonnets jetables sur la tête. Quand ses bras ne seront plus allez longs pour aller jusqu'à derrière sa tête ? Quand l'immense turban tombera par terre ? Et puis pourquoi fait-elle ça au juste ?
On se sent coupable et indiscret de lire le courrier de Elina Juopperi, tout comme sa convocation Assedic. Mais finalement que sait-on d'elle ? Les convocations Assedic sont malheureusement toutes les mêmes.

Les Coréens sont comme ceci, les Scandinaves comme cela, les vieux sont je-ne-sais-comment et les artistes… ah! les artistes, ne m'en parlez pas…
Alors savoir c'est bien, s'interroger et apprendre c'est préférable. Souvent on se trompe, et c'est pas grave, c'est même souvent tant mieux.

Frédérique FOULL

dimanche 29 novembre 2009

Exposition ANA GALLARDO à Belfort


BELFORT jusqu'au 23 janvier


École d'Art Gérard Jacot
2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
03 84 36 62 10
http://www.ecole-art-belfort.fr/


Exposition proposée par
le 19, Centre régional d'art contemporain de Montbéliard


Alstom. Tout le monde connaît. Plus ou moins. Ou en a entendu parler. Surtout ces derniers temps.... A Belfort, Alstom est un monument, mais il semble que partout ailleurs en France, ce nom ne laisse personne indifférent. Pour les 130 ans de l'entreprise, le 19, Centre d'Art Contemporain de Montbéliard, a invité l'artiste argentine, Ana Gallardo, à travailler sur le monde "Alstom".

Pendant trois semaines de résidence à Belfort, elle a rencontré le personnel, les anciens, les retraités et les actuels. Elle a recueilli des témoignages sur leur vie au travail et en dehors, leurs espoirs et leurs craintes. Elle a récolté des objets et s'est imprégnée de l'univers Alstom.

A l'École d'Art Jacot, elle restitue ce témoignage, le mettant en scène et valorisant une mémoire collective. Comme un hommage à une histoire commune forte, qui tend à s'effacer, pour certains naturellement du fait de l'arrêt de l'activité professionnelle, pour d'autres plus violemment, par des licenciements difficilement vécus, cet univers parle à chacun de nous. A travers des histoires individuelles bien vivantes et des photos du passé, l'artiste expose un patrimoine industriel commun à tous les français.
Ana Gallardo utilise la vie des gens comme matériau de son oeuvre. Les témoignages et les objets, même et surtout les plus anodins, ainsi exposés aux visiteurs, libèrent une charge affective qui les élèvent en symbole, en emblème.

Un peu comme dans un musée d'Histoire, avec un aspect social plus marqué, les objets et récits des hommes et des femmes qui les ont utilisés, sont désormais figés, sacralisés par leur exposition. D'un respect pour l'histoire affective et humaine vécue par "celles et ceux d'Alstom", on garde une impression un peu amère de fin d'époque. Un air de lutte plane dans l'exposition.


Frédérique FOULL

mercredi 14 octobre 2009

Exposition SCHATT - LA CASA à Belfort


BELFORT jusqu'au 24 octobre


Ecole d'Art Gérard Jacot
2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
03 84 36 62 10
http://www.ecole-art-belfort.fr/



Exposition proposée par
le 19, Centre régional d'art contemporain de Montbéliard





De la peinture et du son.
Avec ses "paysages en ose", Michaële-Andréa Schatt ose le rose en hommage à Duchamp : "Ces derniers temps, j’avais envie "d’oser" plus en peinture, Rrose Sélavy. La ritournelle de Duchamp "La Vie en Ose" m’est venue à l’esprit : "On suppose, on oppose, on impose, on appose, on dépose, on repose, on indispose... ". L'utilisation de cette couleur, qui paraît hors-sujet et anti-naturelle pour peindre un paysage, est un défi. Sa peinture vibrante, vivante, semble respirer. Sous la superposition de fragments de mémoire du paysage mais aussi des sujets qui l'habitent, le rose se glisse dans les interstices, contamine, prolifère et finit parfois par recouvrir, devenant vêtement, manteau, camouflage. Cette couleur, pourtant invasive, structure la toile, pose les fondations d'une peinture tissée par les ombres et les lumières.

L'exposition est composée de deux éléments complémentaires, les "paysages en ose" et "la dilatation du paysage", oeuvre commune de Michaële-Andréa Schatt et d'Eric La Casa, artiste sonore qui questionne la prise de son et l'écoute de ce qui l'environne.
Ils diront avoir "choisi de travailler ensemble sur l’empreinte d’un milieu en devenir." De l'atelier de la peintre, en passant par d'autres lieux qu'ils ont arpentés, traversés, l'enregistrement de strates de textes (à partir de cahiers de travail, de citations, et de mots choisis, etc..) révèle l'épaisseur de l'air entre les corps et les objets, mesurant, en une sorte de cartographie, un espace devenu paysage sonore, l'oreille choisissant constamment un nouvelle trajectoire.

Dans l'exposition, le son accompagne la peinture, il rebondit sur les coups de pinceaux, à moins que cela ne soit eux qui le provoquent. Bucolique, un peu kitsch avec le rose, habitée par ces voix, il s'en dégage une ambiance un peu légère, printanière, de pique-nique sur toile de Jouy, mais une ambiance teintée de grave, où l'absence des corps, signifiée par ces voix et ce rose envahissant, obsède.

Frédérique FOULL


REDAC' CHEFFE - Frédérique Foull

Formée aux Arts plastiques et aux Sciences & Techniques de l’Exposition (Master 2 à la Sorbonne), elle est avant tout une passionnée d’Art contemporain.

Elle a collaboré à différentes structures : Fondation Cartier (Paris), Haus am Lützowplatz (Berlin), Crédac (Ivry/Seine), Fête de l’Eau (Wattwiller)…

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