De septembre 2009 à l’automne 2011, Franchement contemporain a été un blog très actif. Pas moins d’un article par mois pendant deux ans, suivant l’actualité de l’art contemporain en Franche Comté. Chroniques d’expositions mais aussi rencontres avec les artistes et les acteurs de ce secteur ont donné corps à ce projet au fil des mois.

Bénévole et entièrement libre de sa ligne rédactionnelle, ce blog a été un réel plaisir. Plaisir que je souhaite retrouver dès que possible. Sauf que les jours ne font que 24 heures…

En attendant les archives sont toujours disponibles…



Affichage des articles dont le libellé est tbelfort. Afficher tous les articles
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dimanche 3 avril 2011

Exposition ENTRE-TEMPS à Belfort


BELFORT jusqu'au 24 avril



Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
http://www.theatregranit.com/

Blanca Casa Brullet - Pierre Yves Freund


L'angoisse de la page blanche. De rien, de l'abstrait, du vide d'un espace, émergent finalement des formes. Des formes préexistantes simplement mises en lumière ou des formes accidentelles, contrariées, qui rendent compte de l'épaisseur des matières et des perceptions.

Les deux artistes, dont les pratiques artistiques se répondent en une installation commune au Granit, écrivent ici à quatre mains l'histoire des turbulences silencieuses qui existent dans le noir et le blanc.

Comme Matisse qui "découpait dans la couleur", ils explorent ces deux immensités chromatiques (ou non chromatiques) dans leur aspect tridimensionnel, consistant, source de possibles….

Avec la lumière, la trace, le geste ou le hasard, comme mode d'apparition, le processus de création se met en marche, conduisant à l'existence fragile, transitoire et aléatoire d'une œuvre d'art en tant que signe, processus qui prend la forme d'une écriture poétique précieuse, d'un récit d'aventures remarquables.


Frédérique FOULL


En haut:
Pierre Yves Freund, Les Lauzes, 2011
En bas:
Blanca Casa Brullet, Esborralls (Brouillons), 2009
et Boites (Prélèvements)



dimanche 23 janvier 2011

Exposition FIGURES DE L'HUMAIN à Belfort


BELFORT jusqu'au 3 mars



Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
http://www.theatregranit.com/

et

Ecole d'Art Gérard Jacot, 2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
http://www.ecole-art-belfort.fr/


Pauline Curnier-Jardin, Pauline Fouché, Elina Juopperi,
Laurence Nicola, David Ortsman, Sung-A Yoon, Lorena Zilleruelo


Ce que je sais d'eux… après quelques temps à regarder leurs œuvres un après-midi de janvier.
7 artistes d'horizons différents réunis pour une exposition en deux lieux belfortains, la galerie du Granit et l'Ecole d'Art Jacot. 7 jeunes artistes issus de l'Ecole nationale supérieure d'arts de Cergy. 7 artistes audacieux, aux idées fraîches et dignes du plus grand intérêt… puisque je m'y intéresse….

Le thème : le question de la représentation de l'humain ou comment ce que l'on croit savoir de l'autre nous parle finalement autant, si ce n'est plus, de nous même que de l'autre.
On sourit de voir les passants interrogés dans la vidéo de Sung-A Yoon, se dépatouiller avec le sens qu'ils attribuent au prénom de l'artiste coréenne, ainsi qu'avec sa prononciation, oubliant qu'on pourrait être à leur place. On s'interroge sur ce qui a bien pu amener Laurence Nicola à couper les poils de son manteau comme on se rase la tête un jour de colère. On s'irrite de savoir quand la même artiste va arrêter de s'enfiler des bonnets jetables sur la tête. Quand ses bras ne seront plus allez longs pour aller jusqu'à derrière sa tête ? Quand l'immense turban tombera par terre ? Et puis pourquoi fait-elle ça au juste ?
On se sent coupable et indiscret de lire le courrier de Elina Juopperi, tout comme sa convocation Assedic. Mais finalement que sait-on d'elle ? Les convocations Assedic sont malheureusement toutes les mêmes.

Les Coréens sont comme ceci, les Scandinaves comme cela, les vieux sont je-ne-sais-comment et les artistes… ah! les artistes, ne m'en parlez pas…
Alors savoir c'est bien, s'interroger et apprendre c'est préférable. Souvent on se trompe, et c'est pas grave, c'est même souvent tant mieux.

Frédérique FOULL

lundi 6 décembre 2010

Exposition OLIVIER LEROI à Belfort


BELFORT jusqu'au 5 janvier




Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
Attention fermeture entre le 20/12 et le 1/01
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/




- Qu’est-ce que vous voyez là ?
- Ben, une plume….
- Regardez mieux.
Les territoires qu’explore Olivier Leroi sont réjouissants. De l’Antarctique à la simple pliure d’un papier en carton argenté, l’artiste fonde sa pratique artistique sur le milieu qui l'entoure, sur son expérience de vie.
A la galerie du Granit, il présente des dessins, des collages et des installations, dans lesquels il jongle avec les mots et les images avec humour et finesse. Le hasard des formes, les associations d'idées et l’interprétation que l’on en fait, offrent une perspective différente, un nouveau pouvoir aux choses. Libre, il visite son monde, créant une dimension poétique fraîche et décalée, un humble équilibre avec les éléments, l’animal, le végétal, l’énergie….
Olivier Leroi met le doigt sur des histoires possibles, permettant de s’ouvrir à ce qui n’est pas directement perceptible, d'oser voir et jouer des sens cachés, de s’en amuser…. Il y a tout un tas de choses à voir…. Regardez mieux.

Frédérique FOULL



En haut : Frange
En bas : La géométrie enseignée aux mésanges

http://olivier-leroi.blogspot.com/

samedi 9 octobre 2010

Exposition MARS LA ROUGE à Belfort


BELFORT jusqu'au 4 novembre




Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/



Débarquement sur Mars. Partout du rouge. L'illusion d'un sol en ébullition jusqu'à l'horizon. Une immersion dans l'inconnu ? Pas tant que ça.

Au milieu de la galerie, des sortes de tour de contrôle, des plateformes, des sondes orbitales... à la fois inquiétantes architectures futuristes et rassurantes constructions enfantines, ces structures, tout comme l'univers chromatique de l'installation, reflètent ce qu'on imagine appartenir au monde de la conquête spatiale et plus précisément à l'aventure martienne.
Se référant aussi bien à la documentation scientifique des missions extra-terrestres, qu'à la bande-dessinée, la littérature, ou à la science-fiction, David Renaud propose, à la galerie du Granit, d'explorer un territoire que tout le monde connait, de près ou de loin, c'est à dire, une représentation mentale et poétique de la planète Mars, dans laquelle toutes les interprétations sont les bienvenues, toutes les utopies sont possibles...

La perception des lieux, leur représentation et leur réalité physique sont souvent bien différentes, mais quelle est la bonne, la plus juste ou la plus agréable, s'il en est une ?

Frédérique FOULL




mardi 29 juin 2010

Intervention de FRANK MORZUCH au Collège Châteaudun à Belfort


BELFORT



Frank Morzuch est très actif dans la région.
L'artiste haut-sâonois, dont le travail avait fait l'objet d'un article au mois d'octobre dernier, a travaillé, en cette fin d'année scolaire, avec les élèves de 4ème (110 élèves) du Collège de la rue de Châteaudun à Belfort, sur un thème qui lui est cher, l'anamorphose. La participation des élèves, par leurs questions, leur investissement dans la collecte d'objets tout rouges ou tout blancs et bien-sûr la conception même de l'œuvre ont contribué à leur prise de conscience entre œuvre, image et réalité.


Titre de l'œuvre : La table est mise !
Le résultat est visuellement saisissant. Bravo aux élèves, à Frank Morzuch et à Sonia Barraux (enseignante en Arts Plastiques) pour leur travail.


Actuellement Frank Morzuch présente deux sculptures monumentales à Illkirch (67). Début octobre, dans le cadre des manifestations labellisées "Les intelligences du bois", il interviendra à la fois comme artiste et commissaire pour une exposition à la Plomberie, le nouveau centre dédié à l'art contemporain de la ville d'Epinal.
Le travail au collège belfortain a introduit un projet de film vidéo en partenariat avec l'Education Nationale, le CG90, les Musées de Belfort et l'Espace Multimédia Gantner de Bourogne. Dans ce projet les élèves vont participer à la fois physiquement et chromatiquement à l'œuvre, en mettant en scène, sous forme d'anamorphose, un grand cercle parcouru en courant, à pied ou en vélo. Au delà de leur simple inclusion dans le cercle, les élèves le fondent et le révèlent, semant le doute quant à sa perception visuelle.

mardi 18 mai 2010

Exposition YVES CHAUDOUET à Belfort


BELFORT jusqu'au 20 juin




Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/



Yves Chaudouët ne s'interdit rien. Une grande liberté guide son travail artistique. Plasticien, il est aussi auteur, metteur en scène et bien d'autres choses... Au Granit, l'artiste présente notamment, en même temps que son exposition, une pièce de théâtre qu'il a écrit et mis en scène, Conférence Concertante.

Il a fait de la galerie du Granit son atelier du moment. Des chaises, un chevalet, de la peinture... un atelier vivant, un projet, une aventure en devenir.. Il réalise des portraits, dans lesquels les visages s'écrivent au fur et à mesure des séances de pose. A chaque fois, une nouvelle vision des choses prend forme, des couches de vie émergent, des plans avancent, d'autres reculent...

Dans l'exposition, les objets sont en suspend, au propre comme au figuré. Surélevés par des pieds de verre, tables et chaises flottent à quelques centimètres du sol, ils sont comme en transit, fragiles, tout comme notre perception des choses, évolutive.

Un regard curieux sur le monde permet à l'artiste de faire émerger de l'ombre des histoires, des gestes, des lumières... Des questions, des doutes formulés directement sur la toile ou le papier avec des mots écrits témoignent de cette envie de transversalité des pratiques. Et puis il y a une sorte de confiance, une confiance dans le devenir des choses, dans la capacité de transport de l'expérience, dans la perméabilité du processus de création...

Frédérique FOULL


Le 25 mai à 20h30 au Centre Socio Culturel d'Etueffont, diffusion du film documentaire "L'Affaire du Faux Poisson", inspiré de l'œuvre d'Yves Chaudouët.

http://www.whysea.net/

mardi 30 mars 2010

Exposition DEMANDEZ LE PROGRAMME ! à Bourogne


BOUROGNE jusqu'au 24 avril



Espace Gantner
1 rue de la Varonne - Bourogne (90)
Entrée gratuite du mardi au samedi de 14h à 18h
03 84 23 59 72
http://www.cg90.fr/




Bourogne, Territoire de Belfort. L'espace multimédia Gantner présente l'exposition Demandez le programme ! Art et Ordinateur. Thème peu surprenant pour un espace multimédia : que se cache-t-il derrière les créations de l'art par ordinateur ?

Outil du quotidien, l'ordinateur demeure mystérieux pour le commun des utilisateurs. La construction des images, l'interaction, la magie de la programmation... les formes, les signes, les images émergent sans que l'on comprenne vraiment pourquoi et comment. La question du processus se pose, l'artiste en joue, se sert du programme comme scénario de son œuvre.

Rafael Lozano-Hemmer, avec l'œuvre Vectorial elevation, transforme l'espace urbain en programmant les mouvements de faisceaux lumineux pour créer ce qu'il appelle, une "architecture relationnelle", produisant ainsi une œuvre monumentale. Antoine Schmitt, quant à lui, conçoit des formes minimales, abstraites et efficaces qui se meuvent aléatoirement, mais sous certaines contraintes, avec pour préoccupation majeure la volonté d'illustrer la condition de l'être libre.

Des différentes applications de l'ordinateur, les artistes ont su tirer parti des capacités et des possibilités nouvelles de l'outil. De pionnier du genre comme Vera Molnar, à des travaux plus récents comme le projet Starflag, l'Espace Gantner propose, avec cette exposition, un parcours original, instructif et ludique, retraçant affinités et projets liant art et nouvelles technologies.

Frédérique FOULL

En haut : Antoine Schmitt, Avec Détermination, 2000


jeudi 4 février 2010

Exposition JACQUELINE GUEUX à Belfort


BELFORT jusqu'au 28 février


Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/



Se promener au bord de l'eau. Ecouter, voir, sentir et créer son moment. Prendre note d'une idée, faire un croquis et se laisser vivre, un peu...

Jacqueline Gueux propose un espace et un temps pour la flânerie. Au Granit, elle occupe le terrain avec une installation composée d'éléments sur lesquels rebondissent les idées et les rêves, des accessoires de la pensée, comme elle les nomme.

Deux téléviseurs diffusent les images ondoyantes d'une eau anonyme et énigmatique. Rythme qui se poursuit sur le sol brillant, les vertes vaguelettes, souvenir d'une Venise immergée, me lèchent les pieds. Le bruit d'une chute d'eau accompagne ma balade. Un dessin, un mot, une histoire... Voilà la liste des ingrédients contenus dans l'exposition. Se mettre dans l'ambiance, réfléchir, attendre, écouter et laisser venir.

Je fais une pause, ici et maintenant. Ici. Mot sculpté par l'artiste chaque jour de l'année 1996, nous accueille, multiple, dans la vitrine comme autant de moments capturés. Des icis, marqueurs transportables d'un présent qui fuit, qui s'écoule comme l'eau qui m'entoure, chaque vague, chaque onde rythmant le temps qui défile.

Jacqueline Gueux met en scène une parenthèse poétique, un lieu de vie, dans lequel elle a déjà convié des visiteurs, en carton. L'artiste y a souhaité des performances, des danses et des improvisations, quelques rendez-vous pris au cours de cette exposition sous-titrée "habiter, occuper, mélanger et changer l'eau...".

Moi, c'est dans le calme d'un jour de semaine que j'ai créé mon moment, ma chorégraphie solitaire. Le 30 janvier, j'ai bien souhaité voir les rivages s'animer, mais ce jour-là, l'eau s'est malheureusement changée en neige...


Frédérique FOULL



dimanche 29 novembre 2009

Exposition ANA GALLARDO à Belfort


BELFORT jusqu'au 23 janvier


École d'Art Gérard Jacot
2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
03 84 36 62 10
http://www.ecole-art-belfort.fr/


Exposition proposée par
le 19, Centre régional d'art contemporain de Montbéliard


Alstom. Tout le monde connaît. Plus ou moins. Ou en a entendu parler. Surtout ces derniers temps.... A Belfort, Alstom est un monument, mais il semble que partout ailleurs en France, ce nom ne laisse personne indifférent. Pour les 130 ans de l'entreprise, le 19, Centre d'Art Contemporain de Montbéliard, a invité l'artiste argentine, Ana Gallardo, à travailler sur le monde "Alstom".

Pendant trois semaines de résidence à Belfort, elle a rencontré le personnel, les anciens, les retraités et les actuels. Elle a recueilli des témoignages sur leur vie au travail et en dehors, leurs espoirs et leurs craintes. Elle a récolté des objets et s'est imprégnée de l'univers Alstom.

A l'École d'Art Jacot, elle restitue ce témoignage, le mettant en scène et valorisant une mémoire collective. Comme un hommage à une histoire commune forte, qui tend à s'effacer, pour certains naturellement du fait de l'arrêt de l'activité professionnelle, pour d'autres plus violemment, par des licenciements difficilement vécus, cet univers parle à chacun de nous. A travers des histoires individuelles bien vivantes et des photos du passé, l'artiste expose un patrimoine industriel commun à tous les français.
Ana Gallardo utilise la vie des gens comme matériau de son oeuvre. Les témoignages et les objets, même et surtout les plus anodins, ainsi exposés aux visiteurs, libèrent une charge affective qui les élèvent en symbole, en emblème.

Un peu comme dans un musée d'Histoire, avec un aspect social plus marqué, les objets et récits des hommes et des femmes qui les ont utilisés, sont désormais figés, sacralisés par leur exposition. D'un respect pour l'histoire affective et humaine vécue par "celles et ceux d'Alstom", on garde une impression un peu amère de fin d'époque. Un air de lutte plane dans l'exposition.


Frédérique FOULL

mardi 24 novembre 2009

Exposition ANNE-MARIE FILAIRE à Belfort



BELFORT jusqu'au 6 janvier



Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/



Chercher sa voie. Comme on cherche l'identité des lieux qui nous entourent pour mieux se connaître soi-même. La photographe Anne-Marie Filaire questionne le paysage pour tenter de comprendre son histoire, son essence.

Au coeur de l'exposition du Granit, un livre d'artiste, "L'Observatoire", fruit d'une mission conduite à l’initiative du Ministère de l’Environnement dont le but était de constituer un fonds de séries photographiques analysant les mécanismes d'évolution des espaces dans le temps. Anne-Marie Filaire a sillonné la région du Parc Naturel Régional Livradois-Forez en Auvergne pendant 7 ans, et a photographié des endroits choisis, une fois par an. Ces photos, prises à une année d'intervalle, parlent de la structure mouvante des territoires, du changement parfois imperceptible (les saisons sont plus ou moins au rendez-vous), parfois au contraire spectaculaire (des bâtiments sont édifiés ou détruits). Cliché après cliché, l'histoire se construit sous nos yeux.

Le travail d'Anne-Marie Filaire s'apparente davantage à un journalisme d'investigation qu'à un reportage. Elle mène un profond travail de recherche sur les lieux qu'elle photographie. Les photos exposées au Granit sont tirées de séries qu'elle a réalisé lors de ses voyages en Orient et Moyen-Orient. Phnom Penh, Beyrouth, Gaza, des paysages traumatiques, des zones sensibles où le temps semble s'être arrêté. Ces paysages vides d'hommes gardent néanmoins les blessures de l'activité humaine. Tout en nuance de gris, sans contrastes violents, les clichés témoignent de ce temps suspendu, à travers une vision étrangement douce et un peu cotonneuse de la rudesse dépeinte.

Chercher sa voie. Comme dans l'oeil de cette vietnamienne, point de fuite bien nommé de ce paysage, de cette vie dans un Cambodge meurtri. Les paysages semblent construits : perspectives, bâtiments, routes, chemins. Mais quelle est la voie à emprunter ? Où se situe la frontière ? De quel côté sommes-nous ? Anne-Marie Filaire cherche jusqu'à la folie, enquête sur ces lignes, ces frontières, qui apparaissent et disparaissent, et qui, bien que souvent immatérielles, existent bel et bien pour les hommes qui les érigent.


Frédérique FOULL



En haut à droite : Anne-Marie Filaire, Beirut, septembre 2006
En bas : Anne-Marie Filaire, Phnom Penh Périphérie, 2002

dimanche 8 novembre 2009

Exposition MELTING POWER de STEPHANE COUTURIER à Belfort


BELFORT jusqu'au 29 novembre



Halle Fréry
Rue du Docteur Fréry
Entrée libre, mercredi et samedi, de 7h à 12h
Musée des Beaux-Arts - Tour 41
Rue Georges Pompidou
Entrée 2 euros, tous les jours sauf le mardi, 10h à 12h et 14h à 17h
03 84 54 25 51
musees-franchecomte.com


Au-dessus des étals chargés de salades, de pommes, et d'oranges, brillantes sous le reflet du soleil matinal, se dressent fièrement les grandes photographies de Stéphane Couturier. Depuis quelques temps, les habitués du marché Fréry découvrent les clichés réalisés par le photographe dans les ateliers des usines Alstom au cours de l'année 2008-2009, clichés mettant à l'honneur le monde de l'industrie et de l'innovation technologique, familier pour beaucoup de belfortains.

Ces images aux couleurs intenses, imprimées sur des bâches de plusieurs mètres de haut, d'une présence imposante, vivent et respirent tous les mercredis et samedis matin, au rythme des commerçants du marché.
On retrouve dans l'accrochage des œuvres, dans ce temple à l'architecture métallique travaillée, quelque chose des grandes tentures représentant des scènes bibliques qui habillent parfois les églises. Ici, les œuvres célèbrent les hommes au travail dans ce lieu où l’effervescence du commerce accentue l'impression de fourmillement des photos. A la limite de l'abstraction, ces grands formats rappellent certaines photographies d'Andreas Gursky ou de Candida Höfer à travers les perspectives, les couleurs et l'apparente complexité des structures formelles.

Quittons le marché - et le pari réussi de présenter les œuvres de Stéphane Couturier dans la Halle Fréry, au cœur de la population - pour le musée des Beaux-Arts, qui accueille la suite de l'exposition. A la Tour 41, les œuvres se sont glissées au sein de la collection permanente, la ponctuant de "contemporain". Leur disposition n'est pas thématique: libre au visiteur de trouver des affinités entre les œuvres, affinités surtout formelles et chromatiques. Entre photographie et peinture, les œuvres de Stéphane Couturier résultent de fusions d'images retravaillées et colorisées. Certaines lignes sont accentuées, retracées, délimitant de nouvelles formes, isolées par la couleur, rappellant presque instinctivement l'œuvre des Delaunay. Les images sont composées, assemblées, superposées. Comme à l'atelier, les formes deviennent les pièces d'une grande mécanique. Compas, équerres, règles, gabarits, les formes-outils transformées par les couleurs à la fois vives et douces, ramènent une dimension humaine à travers l'imagerie du jeu, plus précisément du jouet, dans un univers perçu comme dur, froid et robotisé.

Des oranges du marché à la peinture d'André Masson, la cohabitation avec les œuvres de Stéphane Couturier fonctionne par analogie, résonnance. L'artiste joue avec les couleurs, retrace et accentue les formes, tout en restant fidèle au sujet qu'il photographie, les machines, l'industrie, le travail, mettant en valeur l'esprit des usines et rendant hommage aux hommes qui ont participé à l'aventure Alstom à Belfort depuis 1879.


Frédérique FOULL



mercredi 14 octobre 2009

Exposition LA NUIT FROISSEE D'ANNE BREGEAUT à Belfort


BELFORT jusqu'au 8 novembre

Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/






Samedi 16h, visite guidée de l'exposition d'Anne Brégeaut à la galerie du Granit. "Que ressentez-vous ? Quelles sont vos impressions ?" nous demande Charlène Strock, chargée de la visite, après quelques minutes passées dans l'exposition.

Devant les œuvres d'Anne Brégeaut, il s'agit de ressentir une ambiance, d'éprouver un sentiment, de faire appel à son instinct.
Au mur, l'œuvre "Mon nom" se déploie en une série de gouaches de petite dimension. Des éclats de verre sur le pavé, des fleurs fanées éparpillées sur le sol, un texte…. Les œuvres présentent des scènes aux thèmes récurrents : les portes en bois, les silhouettes, les murs en briques, les chiens... A première vue, tout est immédiatement reconnaissable, familier, quotidien.
"Mon nom" parle des petits riens, vécus ou fantasmés qui, dans un coin de mémoire, nous définissent. L'être devient ce qu'il voit, ce qu'il vit, comme le spectateur qui construit son propre récit face au travail d'une artiste semant constamment le doute quant aux origines de son inspiration : réalité passée, douce fiction fantaisiste ou imagination hantée par des peurs profondes. Anne Brégeaut travaille sur l'entre-deux : entre rêve et cauchemar, entre veille et sommeil, entre acide et sucré….

Le visiteur traverse l'exposition dans une sorte de vertige aigre-doux. Face au labyrinthe, l'impression d'être, tour à tour, minuscule puis géant, déstabilise, angoisse, tout en amusant. Cette impression rappelle l'enfance, où l'imagination débordante peut parfois faire raconter des histoires énigmatiques, inquiétantes, voir effrayantes, même au travers de jeux gais et candides.

Frédérique FOULL


http://anne.bregeaut.free.fr/

La Maison, gouache sur papier


Exposition SCHATT - LA CASA à Belfort


BELFORT jusqu'au 24 octobre


Ecole d'Art Gérard Jacot
2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
03 84 36 62 10
http://www.ecole-art-belfort.fr/



Exposition proposée par
le 19, Centre régional d'art contemporain de Montbéliard





De la peinture et du son.
Avec ses "paysages en ose", Michaële-Andréa Schatt ose le rose en hommage à Duchamp : "Ces derniers temps, j’avais envie "d’oser" plus en peinture, Rrose Sélavy. La ritournelle de Duchamp "La Vie en Ose" m’est venue à l’esprit : "On suppose, on oppose, on impose, on appose, on dépose, on repose, on indispose... ". L'utilisation de cette couleur, qui paraît hors-sujet et anti-naturelle pour peindre un paysage, est un défi. Sa peinture vibrante, vivante, semble respirer. Sous la superposition de fragments de mémoire du paysage mais aussi des sujets qui l'habitent, le rose se glisse dans les interstices, contamine, prolifère et finit parfois par recouvrir, devenant vêtement, manteau, camouflage. Cette couleur, pourtant invasive, structure la toile, pose les fondations d'une peinture tissée par les ombres et les lumières.

L'exposition est composée de deux éléments complémentaires, les "paysages en ose" et "la dilatation du paysage", oeuvre commune de Michaële-Andréa Schatt et d'Eric La Casa, artiste sonore qui questionne la prise de son et l'écoute de ce qui l'environne.
Ils diront avoir "choisi de travailler ensemble sur l’empreinte d’un milieu en devenir." De l'atelier de la peintre, en passant par d'autres lieux qu'ils ont arpentés, traversés, l'enregistrement de strates de textes (à partir de cahiers de travail, de citations, et de mots choisis, etc..) révèle l'épaisseur de l'air entre les corps et les objets, mesurant, en une sorte de cartographie, un espace devenu paysage sonore, l'oreille choisissant constamment un nouvelle trajectoire.

Dans l'exposition, le son accompagne la peinture, il rebondit sur les coups de pinceaux, à moins que cela ne soit eux qui le provoquent. Bucolique, un peu kitsch avec le rose, habitée par ces voix, il s'en dégage une ambiance un peu légère, printanière, de pique-nique sur toile de Jouy, mais une ambiance teintée de grave, où l'absence des corps, signifiée par ces voix et ce rose envahissant, obsède.

Frédérique FOULL


REDAC' CHEFFE - Frédérique Foull

Formée aux Arts plastiques et aux Sciences & Techniques de l’Exposition (Master 2 à la Sorbonne), elle est avant tout une passionnée d’Art contemporain.

Elle a collaboré à différentes structures : Fondation Cartier (Paris), Haus am Lützowplatz (Berlin), Crédac (Ivry/Seine), Fête de l’Eau (Wattwiller)…

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