De septembre 2009 à l’automne 2011, Franchement contemporain a été un blog très actif. Pas moins d’un article par mois pendant deux ans, suivant l’actualité de l’art contemporain en Franche Comté. Chroniques d’expositions mais aussi rencontres avec les artistes et les acteurs de ce secteur ont donné corps à ce projet au fil des mois.

Bénévole et entièrement libre de sa ligne rédactionnelle, ce blog a été un réel plaisir. Plaisir que je souhaite retrouver dès que possible. Sauf que les jours ne font que 24 heures…

En attendant les archives sont toujours disponibles…



Affichage des articles dont le libellé est doubs. Afficher tous les articles
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dimanche 8 mai 2011

Exposition WITH A MENTAL SQUINT à Montbéliard


MONTBELIARD jusqu'au 12 juin




Le 19 - Avenue des Alliés - 03 81 94 43 58
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h
et le dimanche de 15h à 18h
http://www.le-dix-neuf.asso.fr

Joël Kermarrec - Arnaud Vasseux - Damien Cadio - Katharina Ziemke


With a mental squint. Traduction : avec un strabisme mental….

Une œuvre d'Arnaud Vasseux, sorte de grand derviche tourneur couleur azur est à l'accueil. Un petit moteur actionne la valse du tissu vaporeux. En transparence, derrière cette entité filiforme s'ouvre l'espace d'exposition.

Des expériences formelles, matérielles, du même artiste, Arnaud Vasseux, continuent le parcours. Le mou, le dur, le durci… de la peinture…, un peu de couleur aussi… en tant que test, mise à l'épreuve des formes et de gestes de l'artiste.

Puis viennent les œuvres de Joël Kermarrec, "figure centrale" de l'exposition, invité liminaire autour duquel se sont greffés, par affinités et par amitié, les trois autres artistes. Des toiles de différents formats, des carrés sur leur pointe, des tondos, sur lesquels défilent des histoires, des ombres, des planètes, des horizons troubles, des têtes d'animaux, des empreintes, un univers vraiment particulier, presque hostile mais foisonnant de richesses à explorer…

Les peintures de Damien Cadio ont quant à elles quelque chose de déstabilisant, d'inquiétant. Le cadrage, tout comme la représentation elle-même, évoque une sorte de non-dit. Et là, s'enclenche simultanément chez le spectateur une hésitation entre interrogation et peur de savoir.
Il y a de ça aussi chez Katharina Ziemke, des couleurs saturées, des points de vue qui interrogent plus la position, l'intention du regardeur, du preneur d'images que le sujet. Peu importe le lointain bateau à vapeur. Qui est celui ou celle qui le regarde ? Où est-il ? Pourquoi cette image l'a-t-elle interpellée ? Quel est son contexte ?

En reste le strabisme mental d'une visiteuse d'expo, quelques impressions ça et là, épidermiques ou plus intimes…..

Que nulle personne franchissant le seuil d'une salle d'expo ne se sente obligée de lire l'anthologie des artistes pour profiter de leur talent. Après, que chacun soit libre de creuser… (petit journal de l'exposition disponible sur place - 16 pages…)



Frédérique FOULL



A voir aussi à Montbéliard : Notre Vallée, un regard sur les collections contemporaines au Musée du Château, avec notamment les œuvres de Jean Messagier, Djamel Tatah, Valerio Adami, Pierre Aleschinsky etc…

dimanche 20 février 2011

Exposition MORGANE TSCHIEMBER à Besançon


BESANÇON jusqu'au 25 mars



Les vitrines du pavé
7 place Victor Hugo - 25000 Besançon
03 81 81 91 57
http://www.pavedanslamare.org/
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h


De prime abord, l'espace semble bien vide au Pavé dans la mare. Sur les trois murs qui font face à la vitrine, trois œuvres, discrètes, imposantes et flegmatiques attendent l'œil du visiteur.

D'immenses plaques de verre, sérigraphiées, arborant des trames foncées, simples, minimales mais très étudiées, sont posées sur des cales en bois à quelques centimètres du sol et reposent légèrement inclinées sur un mur peint de quelques figures géométriques colorées.

Après les constatations techniques d'usage de l'objet, on se laisse rapidement transporter dans l'épaisseur de l'œuvre. Les jeux de transparences et de reflets créent des filtres, des écrans qui troublent la vue. Sur le verre, la couleur tramée se matérialise en brillances et matités. Les ombres portées des visiteurs, du dehors, sont grises et mouvantes et continuent d'interroger notre perception.

Drôle d'"impression". Ce qui semblait froid et technique se révèle plutôt organique et sensible. L'épaisseur entre le mur et le verre se transforme en espace de vie dans lequel ombres et reflets, deviennent consistants, troublants. Puis l'effet d'ondes distillé par les trames se diffuse dans toute la salle, une œuvre se reflétant sur l'autre, se répondant, en une sorte d'architecture tangible et vibrante.


Frédérique FOULL

dimanche 24 octobre 2010

Exposition SABIEN WITTEMAN à Besançon


BESANÇON jusqu'au 13 novembre




Les vitrines du pavé
7 place Victor Hugo - 25000 Besançon
03 81 81 91 57
http://www.pavedanslamare.org/
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h


Des figures blanches émergent de l'encre noire versée sur bristol et peinte par l'artiste d'origine néerlandaise Sabien Witteman. Ces hommes sont des hommes d'affaires, des hommes de pouvoir. Pour l'exposition "Made in pavé", il lui a été donnée l'occasion de pousser sa démarche artistique en accompagnant pas à pas un chef d'entreprise et un homme politique dans toutes les phases de leur quotidien professionnel. Ainsi, le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, et le PDG de Breitling se sont prêtés à l'exercice.

Ces "portraits" sont l'image résultante d'une observation patiente de l'homme dans l'exercice de son pouvoir. Impression générale plutôt qu'instantané superficiel, l'artiste cherche à comprendre. Son grand-père paternel a été, dans les années cinquante, ministre des affaires Intérieures aux Pays-Bas. A la séparation de ses parents, les enjeux de ce pouvoir se sont révélés, perturbant l'enfance de l'artiste qui poursuit aujourd'hui ses questionnements sur le pouvoir et l'argent.

Ses encres sont à la fois des analyses réelles et des visions projetées, inconscientes, d'un pouvoir interrogé, admiré et craint. La mise en image est comme une thérapie. Les formes et les idées émergent du noir, un peu à la manière d'une encre de Rorschach. Qu'y voit-on ? Que sait-on de la manière qu'ont ces hommes de vivre leur pouvoir ? De l'ordre de la posture ? Du domaine de l'homme lui-même ?

Responsabilités, choix, argent, pouvoir de décision, le fossé est large entre les hommes de pouvoir, d'autorité, et les hommes sans. Le pouvoir deviendrait-il une fin en soi ? Fines analyses, dessins militants, esquisses des possibles, les encres de Sabien Witteman sont comme des notes, des idées, interrogatives et critiques.... en attendant que la roue tourne...


Frédérique Foull


http://sabienwitteman.com/


samedi 25 septembre 2010

Exposition TRANFRONTALIERS à Montbéliard


MONTBELIARD et SOCHAUX jusqu'au 23 novembre (30 octobre pour l'Allan)




Au 19, à l'Allan, à la Mals et au Musée Beurnier Rossel

Irene Banchero (arg) - Bernard Boyer - Nicolas Chardon - Philippe Compagnon - Martine Damas - Dominique Dehais - Tatjana Doll - Gérard Fabre - Nicolas Guiet - Rodolphe Huguet - Rémy Hysbergue - Shirley Kaneda (USA) - Carlos Kusnir (fr & arg) - Lamarche & Ovize - Alain Lambilliotte - Dominique Liquois - Valeria Maculan (arg) - Colombe Marcasiano - Guillaume Millet - Sébastien Nicolini - Laurence Papouin - Pablo Rosales (arg) - Alexandra Roussopoulos - Salpisti s & Martinez - François Schmitt - Catherine Serikoff - Peter Stämpfli - Rémi Uchéda - Emmanuelle Villard - Egide Viloux


Par un beau soleil de septembre, quatre lieux à visiter dans le pays de Montbéliard pour une exposition hétéroclite, colorée, composite et réjouissante.

Transfrontaliers. C'est sous cet intitulé que sont réunis 30 artistes, plus ou moins jeunes, et plus ou moins connus. L'exposition regroupe, selon le commissaire, des artistes qui pratiquent le mélange des genres, qui franchissent allègrement les frontières entre les disciplines et les pratiques. Et il y en a beaucoup, des disciplines et des pratiques transfrontalières de l'art, par exemple : la décoration, l'architecture, le cinéma, la photographie, le son, le design, la chorégraphie, la musique, l'artisanat, la littérature, la performance, etc...
Certains artistes exposés jouent plutôt leur "transfrontaliérité" avec des territoires comme l'abstraction, le ready-made, l'esthétique, le social, l'histoire de l'art, l'espace, l'informatique, l'humour, etc... Difficile dans ce cas pour un artiste de ne pas être transfrontalier.....

Bref. Individuellement, des artistes, des œuvres et des parcours intéressants, notamment les recherches autour de l'abstraction de Bernard Boyer et Catherine Serikoff, l'installation (magnifique par temps ensoleillé) et les cahiers de calligraphie coloriés très poétiques de François Schmitt, l'occupation de l'espace de Nicolas Guiet qui réalise des volumes abstraits aux couleurs franches qui adhèrent à l'architecture, pour ne citer que ceux-là.
Collectivement, une exposition riche d'entrées et des pistes possibles pour le visiteur, un voyage au cœur des enseignements de l'art du XXème siècle, un bon moment de couleurs et de formes...


Frédérique FOULL



En haut, vue de l'exposition au 19
De gauche à droite :
Irène Banchero, Estanque, 2008/2010
Laurence Papouin, peinture suspendue verte, 2009
Vue de l'exposition à la Mals

dimanche 8 août 2010

Exposition HIRAKI SAWA à Besançon


BESANÇON jusqu'au 26 septembre




Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie
1 place de la Révolution
03 81 87 80 49
musee-arts-besancon.org

Tous les jours sauf le mardi
De 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h, le week-end, de 9 h 30 à 18 h




Dans une banale tache de lumière, découpe d'une fenêtre sur un mur, transite une caravane de chameaux. Calmement, au son d'une musique instrumentale douce et hypnotique, divers animaux se déplacent, mais aussi des avions, qui décollent et qui atterrissent, des hommes se croisent... Chaque angle de lumière, chaque conduit d'eau chaude, chaque rebord de lavabo, devient le théâtre de déambulations incongrues. La chambre, la salle de bain ou la cuisine, le quotidien s'anime de scènes surprenantes et hallucinatoires. Les mouvements lents et réguliers, la chorégraphie des défilés, la bichromie (les vidéos sont pour la plupart en noir et blanc) confèrent une atmosphère particulière à ces vidéos, une atmosphère familière de nos souvenirs d'enfance, les objets prennent vie, la maison est habitée par des petits êtres complices....

L'exposition d'Hiraki Sawa a pour titre Carrousel. Les rythmes répétés d'une musique carillonnante sont diffusés dans la salle d'exposition, créant une temporalité permettant au visiteur de "monter en marche" des œuvres et de ses récits propres. Oscillant entre souvenir et projet, quête du temps perdu et espoir sans cesse renouvelé, un cycle de pensée s'initie, poétique et nostalgique, une ballade dans une image d'enfance*.

Frédérique FOULL


"C'est plutôt rare de pouvoir se promener dans une image d'enfance". Extrait de Un dimanche à Pékin, Chris Marker. Extrait de la documentation du FRAC Franche-Comté.

Image, Trail, vidéo 2005, 14'


A ne pas manquer, si vous allez au Musée des Beaux-Arts de Besançon, la collection de dessins de Daniel et Florence Guerlain. Mark Dion, Guillermo Kuitca, Carole Benzaken, Tatiana Trouvé, Tony Oursler, Tony Cragg, Eduardo Arroyo, Wim Delvoye pour ne citer qu'eux.... Une exposition étonnante, présentant des dessins souvent révélateurs du travail de ces artistes connus pour d'autres techniques artistiques. Jusqu'au 20 septembre.

lundi 7 juin 2010

Exposition YAN ZORITCHAK à Sochaux


SOCHAUX jusqu'au 3 juillet

La MALS - 2ème étage de l'Hôtel de Ville
Entrée libre du mardi au dimanche
15h - 18h30 sauf jours fériés
03 81 94 78 33
http://www.la-mals.fr/


Ses sculptures de verre sont des mondes. Dans le cristal de bohème moulé, l'artiste organise formes et couleurs, fait apparaître des bulles, des empreintes... Il affine des arêtes, créant des prismes qui démultiplient les points de vue.

Le regard navigue dans le cosmos interne des œuvres, rencontre milles planètes et astéroïdes, puis s'évade, par transparence, dans l'espace d'exposition, découvrant les autres sculptures. Chaque lumière, chaque angle ouvre une nouvelle perspective. Surprenant, le travail de Yan Zoritchak interroge notre perception visuelle. Combien y-a-t-il de bulles ? Sont-elles réellement là où on croit les voir ?

Frédérique FOULL



mardi 25 mai 2010

Portrait d'artiste : ANNE-VALERIE DUPOND


ARTISTE



Une artiste en résidence au Collège de Noidans-les-Vesoul

La seconde semaine de résidence au Collège s'achève pour Anne-Valérie Dupond. Au cours de ces deux semaines (il y en aura une troisième en juin), l'artiste bisontine aura accueilli les élèves et leurs enseignants dans l'atelier qu'elle s'est aménagé provisoirement dans une des salles du rez-de-chaussée. Belle initiative de Raphaëlle Sanchez, enseignante en Arts Plastiques, que de faire profiter les élèves de la présence quotidienne d'une artiste.

Au milieu d'un tas de chiffons, Anne-Valérie Dupond coud. Elle sculpte le textile, façonne des figures avec des tissus, des vieux linges, du rembourrage qu'elle suture ensuite à la main, plus ou moins grossièrement, dans une sorte de rituel, à la fois maternel et frankensteinien.
Dans l'atelier, les élèves posent des questions, testent des techniques, s'essayent à des assemblages.... L'artiste souhaite surtout faire passer l'idée de "faire avec les moyens du bord, trouver ses propres solutions. Il n'y a pas de méthode".

Les "objets d'affection" qui résulte de ce bricolage artistique prennent la forme de figures humaines ou animales, de statues, de pin-ups, de bustes dans lesquels la confusion des genres est palpable, entre une pratique et un matériau plutôt féminin et des attributs plus masculins comme le trophée de chasse ou le monument commémoratif par exemple. Un univers atypique, chargé de l'histoire personnelle de l'artiste, d'influences diverses, comme Annette Messager ou Louise Bourgeois, et surtout de cette envie, ou ce besoin, de concevoir des objets artistiques avec ces tissus usés, chargés d'intime, prêts à être jetés, leur redonnant ainsi une seconde vie.

Frédérique FOULL


http://www.annevaleriedupond.com

Prochaine exposition : "L'art au paradis", à Marseille du 3 au 20 juin

mardi 20 avril 2010

Exposition CECILE BART à Besançon


BESANÇON jusqu'au 1er mai



Galerie Jean Greset - 5 rue Rivotte
03 81 81 38 52
Entrée libre, du jeudi au samedi 10h-12h / 14h-19h et sur rdv




Transparences, superpositions et écrans. Les grandes toiles colorées de Cécile Bart jouent des lumières et des ambiances qu'elles créent.
Cette artiste bourguignonne conçoit ses toiles en trames de tergal transparent tendues sur châssis métallique. Leur accrochage, leur agencement dans l'espace d'exposition, est une partie constitutive de l'œuvre. Ses créations s'apparentent d'ailleurs souvent plus à des installations, des volumes, qu'à des peintures. A la galerie Jean Greset, elles ont été, pour certaines, accrochées à quelques centimètres du mur, laissant ainsi s'infiltrer à leur dos la lumière ambiante. Résultat : une couleur vibrante, expressive, qui se modifie au fil des heures.
Dans les installations qu'elle compose, pour des expositions, mais également pour des commandes publiques (DRAC Toulouse, Hôpital Saint-Joseph et Saint-Luc à Lyon etc...), elle utilise souvent les fenêtres et autres ouvertures vers le jour pour y exposer ses toiles, pour les mettre en scène. Suspendues, flottantes, elles filtrent, obstruent la vue, voir bouchent l'horizon. Selon les angles, la superposition des voilages offrent une composition de couleurs et de formes abstraites, qui prennent soudain une dimension nouvelle, une profondeur, une sorte de conscience des plans dans l'espace dans laquelle le regard peut circuler.


Frédérique FOULL


http://www.cecilebart.com/

En haut : vue de l'exposition
En bas à droite : Fenêtres sur cour, 2005, Hôtel des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, DRAC, Toulouse

lundi 12 avril 2010

Exposition CYGNE ELEPHANT à Besançon


BESANÇON jusqu'au 1er mai



Citadelle de Besançon
Hangar aux manoeuvres
Entrée libre du mercredi au dimanche de 14h à 18h



Des cygnes ? Un éléphant ? A la citadelle ? Mais comment ? Où ça ?
Au Hangar aux manœuvres, à l'entrée sur votre droite. Cet immense hangar est périodiquement réquisitionné pour y présenter des expositions d'art contemporain : en ce moment, Cygne Elephant, exposition collective au nom étrange proposée par l'association Intermèdes Géographiques.

Cinq artistes se partage l'espace ou plutôt compose l'espace ensemble. En arrivant, première impression, un grand espace vide, cet immense bâtiment gris (l'éléphant ?) spacieux et disponible abrite pourtant des projets conséquents. Un arbre pissotière, œuvre de Martin Hyde, trône au centre. En se dirigeant vers lui, on empreinte des chemins dessinés au sol au blanc de Meudon comme autant de signes (cygne ?), de pistes et de parcours possibles. Paul Chazal a ainsi surligné l'espace habité par les autres œuvres dans une démarche performative de construction/déconstruction ; en effet les traces s'effaceront peu à peu sous les pas des visiteurs.

Tendons l'oreille. Dans le spacieux hangar, le vide se transforme en plein. Des diffuseurs sonores suspendus à quelques centimètres du sol offrent à entendre des bribes d'extérieur, des morceaux de vie quasi indéfinissables mais pleinement présents. A l'angle du hangar, une sculpture de néon : l'œuvre de Nicolas Rivet se situe davantage dans l'effet produit par le néon, cette lumière artificielle qui plane et modifie le lieu, que sur la sculpture en elle-même.

Les haut-parleurs blancs de Xavier Metz flottent sur la surface à intervalles réguliers, comme ces volatiles blancs et gracieux qui peuplent les lacs et rivières. Curieux, enfants et parents, allez-voir l'éléphant, cet espace géant, que l'artiste Jeanne Gillard vous invite à habiter, à considérer et à utiliser comme il l'a été pendant longtemps, c'est à dire pour s' y retrouver, y laisser ses affaires et poursuivre ensuite la visite de la citadelle.


Frédérique FOULL

dimanche 21 mars 2010

Exposition MACHINES SONORES - F. LE JUNTER à Montbéliard


MONTBELIARD jusqu'au 2 avril



L'Allan, scène nationale de Montbéliard
Hôtel de Sponeck (Centre ville, proche Hôtel de Ville)
Entrée libre du mardi au vendredi
10h-12h /14h-18h et samedi matin
http://www.lallan.fr/

N° vert 0 805 710 700



Une petite musique douce se laisse entendre à l'étage de l'Hôtel de Sponeck. Une clochette tintinnabule, rattrapant un son plus grave ressemblant à s'y méprendre au tintement de l'horloge de ma grand-mère. Les machines sont là, dans une demi-pénombre. Néons, lampes de bureau ou de chevet, une lumière contrôlée vient accentuer leurs formes chaotiques et brinquebalantes, marquant ainsi une proximité, une intimité avec les matériaux de récupération utilisés pour les concevoir.

"Appuyez 5 secondes sur l'interrupteur" était-ce écrit. Et là, tout s'anime. Un bâton s'agite dans des coquilles d'escargot, deux bouts de bois cognent une vieille sonnette de vélo, un clou frappe une vis puis un boulon, les machines expérimentales aux mécanismes précaires s'actionnent pour un concert de rythmes étranges, incongrus et déstabilisants.
Une brindille trimbalée autour d'un tourne-disque cliquète, puis, prenant de la vitesse, vient taper aléatoirement la peau tendue d'un tambour, les cordes fines d'une harpe, un ressort métallique... Dans une autre pièce, un nouveau manège se met en branle en une danse d'ombres et de lumières projetées au mur, une série de morceaux de bois s'abiment contre des pots de terre provoquant une musique rappelant curieusement un gamelan indonésien. Plus loin, trois grandes tiges ricanent, un petit xylophone s'agite, mécanismes et rouages entrainent des souffleries qui bruissent poussivement dans des flûtes ou des tubas...

Depuis 1995, Frédéric Le Junter conçoit ces sculptures sonores en s'appuyant sur la notion d'aléatoire. "Le tout est réalisé avec une technologie non avancée, de façon assez brute et incertaine. J'ai laissé des choses au hasard." Ainsi parle-t-il de ses œuvres. Dans l'exposition, il y a du mouvement, du bruit et pourtant un certain calme. Une sérénité règne dans ce temple, royaume de machines inutiles et d'orchestres automates terriblement poétiques.

Frédérique FOULL



http://flejunter.free.fr/

Exposition ORNEMENTS à Montbéliard


MONTBELIARD jusqu'au 7 avril



Le 19 - Avenue des Alliés - 03 81 94 43 58
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h
et le dimanche de 15h à 18h
http://www.le-dix-neuf.asso.fr/




Le mur était blanc lorsque Marie Lepetit a commencé à prendre les mesures. Une surface vierge, dans la petite salle du fond, qui pendant près d'une semaine a vu s'affairer règles, équerres, compas et quelques mains pour voir émerger du vide ces constellations de petits points bicolores. Un tracé méthodique sur lequel l'artiste pointe chacune des intersections. A l'arrivée, un espace graphique construit qui ne se compose cependant que de points, la naissance d'un univers éphémère qui pourtant indique quelque chose du temps, le point de départ d'une construction qui pourrait être infinie.

L'exposition Ornements réunit trois artistes dont le travail est axé sur la transformation de la surface par la création de motifs, des combinaisons de formes, de matériaux et de couleurs. Selon des procédés mathématiques et géométriques, utilisant la répétition, ils créent des effets d'optiques qui rappellent notamment les expérimentations des avant-gardes abstraites du début du 20ème siècle dans le domaine des arts décoratifs.
Ainsi, Eleftherios Amilitos travaille à partir de motifs géométriques qui, selon le matériau utilisé (stickers brillants, Onduline* matte, métal, plastique), s'animent sous la lumière. Transparence, reflet, opacité, l'œil s'adapte un temps puis réévalue les spirales ou les dodécaèdres qui semblent flotter dans l'air.
Alain Lambilliotte, quant à lui, élargit le champ de la peinture à l'espace entier du centre d'art. Les découpes de bois ondulées dont il pare les murs, à intervalle régulier, du sol au plafond, font vibrer l'espace. L'association de leurs faces blanches et de leurs tranches fluorescentes est troublante, créant une sorte de lumière artificielle, un relief inhabituel.

Se déplacer dans l'exposition, c'est trouver à chaque "trajet" un autre effet, une autre perception des œuvres. Selon l'angle de vue, l'espace se métamorphose, le temps et la position actionnent de douces variations qui accompagnent le visiteur à travers ces ornements.

Frédérique FOULL

*matériau de construction et d'isolation


En haut : Alain Lambilliotte, Sans Titre, 2009 (détail)
En bas : vue de l'exposition

lundi 15 mars 2010

Portrait d'artiste : JEAN-PIERRE SERGENT


ARTISTE



Jean-Pierre Sergent, franc-comtois d'origine, a passé douze ans à New York. Ça marque. Le peintre utilise les outils les plus performants pour exercer son art, à savoir ordinateur, palette graphique, sérigraphie, plexiglas...
Des influences pop ? Oui, bien sûr. Rauschenberg, Warhol, Lichtenstein mais attention, ces similitudes ne sont que formelles et techniques. Car si le pop art se veut le reflet de la société de consommation, la peinture de Jean-Pierre Sergent ne représente pas de revendication particulière, juste de l'énergie.

L'énergie, JP Sergent la puise dans l'iconographie des grandes civilisations du monde (sarcophages Egyptiens, géométrie Navaro, vase Maya, crâne Aztèque), mais aussi dans des formes d'art plus contemporaines comme le graffiti urbain, ou encore d'autres arts "exotiques" (estampes japonaises, mandalas tibétains, miniatures indiennes...) comme autant de motifs, de patterns, qui nourrissent son travail.

L'artiste s'intéresse à l'art pariétal, à la persistance et aux superpositions des motifs à travers les âges. Longtemps, son inspiration s'est surtout nourrie des arts des civilisations précolombiennes d'Amérique centrale, notamment pour la série Mayan Diary, qu'il commença en 2000. Plus récemment, son travail s'oriente vers les mangas japonais et les yantras* hindous.
Avec la sérigraphie comme moyen technique de répétition et de superposition, l'artiste cherche à atteindre un état de transe, à faire vibrer l'énergie. Une énergie capable de confronter l'ordre et le chaos. La représentation fréquente de la sexualité dans ses œuvres évoque le rituel du sexe comme recherche d'une énergie vitale, d'une régénération, d'une "création du monde". La représentation des attributs sexuels, féminins ou masculins, renvoie à celle des divinités ancestrales, priées pour la fertilité, le renouveau de la vie, la bonne marche des choses...

Les peintures de Jean-Pierre Sergent sont comme des ondes colorées, sensibles et magnétiques, des systèmes d'énergie, des flashs chamaniques, des icônes intemporelles, magiques et transcendantales.

Frédérique FOULL

Jean Pierre Sergent présente ses œuvres du 28 avril au 26 juin à la galerie "Mon Loup" au 10 rue Pasteur à Besançon.
* Yantra : figure géométrique hindoue tracée pour dompter le mental et maitriser les forces cosmiques.


En haut, Mayan Diary, 2008
En bas, Bondage and freedom n° 3, 2003

http://www.j-psergent.com/


vendredi 26 février 2010

Exposition L'ECART ABSOLU - CHARLES FOURIER à Besançon


BESANÇON jusqu'au 26 avril



Musée des Beaux-arts et d'Archéologie
1 place de la Révolution
03 81 87 80 49
musee-arts-besancon.org

Tous les jours sauf le mardi
De 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h, le week-end, de 9 h 30 à 18 h



Quelle aubaine ! La métropole Rhin-Rhône et sa fameuse saison culturelle "Utopies et Innovations" sont passées par là et ont permis au Musée des Beaux-arts de Besançon de concrétiser un projet que l'équipe avait depuis un moment dans sa botte.

Autour de Charles Fourier (1772-1837), grand théoricien et philosophe bisontin, réunir des œuvres contemporaines, choisies avec pertinence, en fonction de leur affinité avec la doctrine du penseur. En réaction contre l'ordre social existant à son époque, ce dernier conçut une théorie novatrice, radicale et absolue, une utopie sociale appelée Harmonie.

En Harmonie, hommes, femmes et enfants vivent égaux dans un cadre idyllique, le phalanstère. Dans ce système social communautaire, le travail n'est plus un fardeau. Au quotidien, les harmoniens sont totalement libres amoureusement et sexuellement, ils jouissent des plaisirs de la table, font la fête régulièrement... Cette vision audacieuse, anticonformiste et avant-gardiste a été, depuis, une source d'inspiration pour bon nombre de penseurs et d'artistes.

Après un premier volet historique nécessaire, présentant le contexte de la naissance de la pensée fouriériste - à travers ses écrits et ceux de ses disciples, comme par le biais de créations d'artistes fouriéristes et de tentatives de réalisation de sa cité idéale - le parcours contemporain s'articule autour des douze passions développées par le théoricien.

La scénographie inédite et originale permet aux visiteurs d'appréhender les douze grands axes de l'exposition de manière thématique, tout en restant aléatoire. Dans la partie "architecture", thème cher à Fourier, les œuvres d'Alain Bublex évoquent les possibilités de cités modulaires et évolutives, en phase avec les recherches menées par les architectes visionnaires des années 1950-70. D'autres artistes, comme Yona Friedmann ou l'Atelier van Lieshout, explorent ces mêmes pistes d'habitats non-conventionnels, communautaires, imaginaires ou purement fonctionnels.
L'exposition se poursuit, en passant du thème de la cosmogonie, avec des artistes comme Parmiggiani ou Skoda, à la gastrosophie et les banquets colorés de Vanessa Beecroft, les œuvres s'immisçant habillement dans les collections permanentes. La communauté imaginée par Fourier raisonne dans les productions des artistes par la poésie, le rêve et l'envie de société idéale qu'elle véhicule. Le "bar séduire" de Jean-Luc Vilmouth est une invitation au Nouveau monde amoureux, thème qui inspira également de manière considérable, l'artiste Fluxus, Robert Filliou.
Le féminisme, le pensée analogique, l'enfance, comptent parmi les thématiques abordées et pour finir, rendons nous sur le dance-floor d'Angela Bulloch dont la musique et les lueurs de néons nous intriguent depuis le début du parcours, afin de participer à une grande party harmonienne.

Exposition complète, fournie et exigeante, ce projet est à voir absolument pour qui souhaite prendre la mesure de l'influence notoire de la pensée fouriériste sur des questions incontournables de la société actuelle, tout comme du rêve inhérent et de la poésie qu'elle continue à diffuser à travers la création contemporaine.

Frédérique FOULL




Alain Bublex, Plug-in-city, Vitry/Seine, 2001
Angela Bulloch, Disco Floor - Bootleg 16, 2002


Ouvrages sur Fourier dans la boutique Franchement Contemporain

mardi 16 février 2010

Portrait d'artiste : CHRISTIAN CAILLET


ARTISTE

S'interroger. Christian Caillet est un ami. Je connais sa peinture depuis plusieurs années maintenant, je l'ai vue évoluer et pourtant nous en parlons ensemble pour la première fois. Sa peinture n'a pas besoin de discours mais suscite bien des questions : c'est quoi, c'est où, comment, pourquoi ? Beaucoup d'intérêt, pas mal de curiosité aussi, je ne quitte pas la toile des yeux, toile qui, dans le même temps, semble me demander : "Pourquoi veux-tu tout savoir de moi ? Je suis telle que je suis."

Observer. Au détour d'une balade, lors d'un voyage lointain ou d'un trajet quotidien, un paysage interpelle l'artiste. Paysages de chantier souvent, de zones en construction, ou de sites architecturaux, l'aspect composé de la scène l'intéresse. Dans un désordre apparent, les structures, les éléments ont une présence qui semblent dépasser le hasard. Un espace construit, techniquement habitable mais parfois inhospitalier, dans lequel l'artiste collecte sa matière première. Il prélève des éléments, prend une photo, des images en tant que prise de note, la recherche d'un vocabulaire....

Recomposer. En quête de ce moment ressenti, Christian Caillet agence sur la toile les éléments dont il a pris note, les combine parfois, pour créer ce qu'il appelle une "réalité secondaire". Son travail : s'imprégner de cet espace qui lui résiste, analyser les tensions qui y existent, traduire les rapports de force, les transformer pour mieux les appréhender, déchiffrer les architectures pour tenter de les comprendre.

Peindre. Touche après touche les lignes et les formes sont modifiées, digérées, usées. L'artiste souligne des évidences, gomme des preuves …
Les éléments ne sont pas traités pour ce qu'ils sont, mais pour ce qu'ils pourraient être, pour ce qu'ils représentent. Les formes, les couleurs, la lumière, donnent des indices, tout en brouillant les pistes, nous emmenant parfois vers des terrains évoquant davantage l'organique, l'aquatique, le fluide... reflet de l'impression du moment. La couleur devient matière, elle conduit le regard, disperse le point de vue.

Construire. L'image transformée, filtrée, annotée ou surlignée, abstraite par moment, devient l'expression d'un moment où les masses, les pesanteurs, les déséquilibres, tout comme les impressions d'humidité, les odeurs de béton, de boue ou de poussière, conduisent à la proposition d'un lieu, structuré, mystérieux, possible.

Frédérique FOULL


http://www.christiancaillet.fr/


Exposition BONA MENS (Jérôme Conscience) à Besançon


BESANÇON jusqu'au 27 mars


Les vitrines du pavé
7 place Victor Hugo - 25000 Besançon
03 81 81 91 57
http://www.pavedanslamare.org/



Aux vitrines du pavé, entée libre, du mardi au samedi de 14h à 18h.
Affichage dans l’espace public, du 10 au 24 février.


Dans les rues de Besançon, vous avez peut-être vu, ces derniers jours, de drôles d'affiches publicitaires : une grande page blanche avec, au centre, une phrase en latin. Vous, mes lecteurs assidus, savez qu'il s'agit de l'exposition de Jérôme Conscience mais les autres ...
Imaginez le bisontin lambda, passant tous les jours devant ces affiches, en se demandant ce qu'elles peuvent bien vendre : un détergent pour les sols carrelés, un énième marchand de lunettes, ou le dernier opus d'Astérix ?

D'abord, il y a les mots. Jérôme Conscience travaille sur les mots, la langue, le sens que prennent les mots, leur utilisation. Il les met en scène afin d'attirer l'attention sur leur sens caché, jouant de notre inconscient avec humour et décalage. Ensuite, il y a le latin, cette langue ancienne, tout de suite identifiée mais restant incomprise pour bon nombre de gens. Son utilisation agit comme un filtre, déclenchant une sorte de compréhension enfouie, intuitive, parfois déviée, permettant de désacraliser une langue devenue pour certains, élitiste.

Alors, notre bisontin lambda, assis à son arrêt de bus, aura-t-il sans doute, au bout de quelques jours, l'impression de les comprendre à demi-mots et bientôt les lettres s'effaceront derrière le double sens caché de ces phrases mystérieuses.

Subtil jeu de langue, pour cet affichage dans les fameuses sucettes Decaux, Jérôme Conscience a l'art de "montrer ce qui est dit sans être dit quand on en parle ".
Bien vu.

Frédérique FOULL

http://www.jeromeconscience.com/


mardi 9 février 2010

Exposition HUGO SCHÜWER-BOSS à Besançon


BESANÇON jusqu'au 27 février



Galerie Jean Greset - 5 rue Rivotte
03 81 81 38 52
Entrée libre, du jeudi au samedi 10h-12h / 14h-19h et sur rdv



Abstraction trouvée, c'est en ces termes qu'Hugo Pernet qualifie la peinture de son ami et acolyte, Hugo Schüwer-Boss, jeune artiste bisontin de 29 ans.
Des maîtres de l'abstraction, il a tout retenu, de la culture pop, il est imprégné. Pour lui, l’abstraction fait désormais partie du décor. La mode, le graphisme, le design, la publicité sont passés par là. Le tout-communication, les logos, les marques gouvernent notre vie quotidienne.
Hugo Pernet dira de l’abstraction trouvée, qu'elle "consiste à ramener dans le champ du tableau abstrait des éléments prélevés dans l’environnement de l’artiste, et ce justement parce que ces éléments en seraient redevables."

Pour les connaisseurs, The lost art of keeping a secret est le titre d’une chanson du groupe Queens of the Stone Age. Le tableau reprend le visuel d’une pochette d’un de leur album.
Les références sont parfois fines, parfois moins. Elles fonctionnent en tant que reconnaissances visuelles implicites, comme une sorte d'accord secret que peuvent partager l'œuvre et le spectateur, sans qu'il soit nécessaire de les formuler.
Un dialogue silencieux s'instaure alors, où l'œuvre, aguicheuse, pourrait demander: " On se connait ?" ou, " Tu ne me reconnais peut-être pas, mais au moins me trouves-tu belle ?"
De l'art perdu de garder un secret, la peinture d'Hugo Schüwer-Boss distille des messages codés qui, à force d'indices, visuels et lexicaux, sauront trouver un œil complice et amusé, tout en mettant à l'honneur l’héritage formel et théorique de l’art abstrait.

Frédérique FOULL



En haut, The lost art of keeping a secret
De gauche à droite, Spider, Blackflag, Médiavision

Exposition COPACABANA N'EXISTE PAS ! à Besançon


BESANÇON du 21 au 26 février


Copacabana n’existe pas !
De l’existence du territoire Rhin-Rhône


Galerie de l’Ecole Régionale des Beaux-arts de Besançon
12 rue Denis Papin - 03 81 87 81 30
Du lundi au vendredi de 15 à 19 heures (fermé du 6 au 21 février)
http://www.erba.besancon.com/



Lauriane ARNOUX & Emy BAUER, Gérard COLLIN-THIEBAUT, Delphine BEDEL, Neal BEGGS, Ariane BOSSHARD, Maxime BRYGO, Balthasar BURKHARD, Marie José BURKI, Sebastian DIAZ-MORALES, Simon FAITHFULL, Dominique GONZALEZ-FOERSTER, Philippe GRONON, Anthony HERNANDEZ, Valentine HAEGEL, Valérie JOUVE, Joo Won LEE, Lisa MILROY, Nicolas MOULIN, Rainer OLDENDORF, Gabor OSZ, Quirine RACKÉ & Helena MUSKENS, David RENAUD, Philippe TERRIER-HERMANN, Morgane VIÉ, Bernard VOITA, Kelley WALKER, Ayako YOSHIMURA, Edwin ZWAKMAN


Pas si simple, la question de la représentation du territoire surtout quand il s'agit de ce fameux nouveau territoire, la Métropole Rhin-Rhône.

"Copacabana, n'existe pas !" s'inscrit dans la saison culturelle "Utopies et innovations" qui accompagne la "création" de cette métropole qui s'étend sur près de 300km, de Bâle eu Creusot, autour de la future ligne de TGV.

L'exposition est le fruit d'un atelier de recherche et de création initié par le professeur et artiste Philippe Terrier-Hermann, et mené conjointement par six étudiants et deux artistes en résidence, Ariane Bosshard, graphiste et Maxime Brygo, photographe.
A la fois passionnant et délicat, le projet s'est concentré autour d'images signifiantes, d'histoires, d'identités, de monuments et de symboles propres à la zone géographique concernée. A travers photos, textes et dessins, des pistes ont été empruntées afin de tenter de rendre compte de ce nouveau territoire. Un inventaire, une réunion d'informations en ont découlé, témoignant de la difficulté d'établir des liens entre tous ces lieux. Quoi de commun entre le Lion de Belfort et le vignoble de Gevrey Chambertin ?

"Copacabana n'existe pas !" présente donc, conjointement aux créations réalisées à l'Ecole des Beaux-arts, une somme considérable d'œuvres issues des collections des FRAC Franche-Comté et Champagne-Ardenne. Les œuvres choisies témoignent de recherches similaires menées par des artistes autour de la représentation du territoire et de l'utopie. Par basculement, détournement, ou déformation, ces artistes montrent des visions inhabituelles de territoires existants, modifiant la perception du spectateur face à ces contrées non identifiées. Au delà du thème, rien de commun entre chacune de ces nombreuses œuvres, dont la réunion fait ici davantage office d'illustration de ce sujet épineux que d'une esquisse de réponse. Les œuvres sont présentées comme autant de bouées jetées aux secours des artistes qui se sont penchés sur la complexe question du territoire Rhin-Rhône.

En plaçant la culture en première ligne, les instigateurs ont peut-être trouvé confortable de se mettre en retrait, laissant le soin aux artistes, aux penseurs et aux différents acteurs du projet de se dépatouiller avec ce territoire artificiel, vierge et encore mal défini, avec pour seule piste, un thème, "Utopies et innovations", thème étonnant et ambivalent quand il s'agit d'accompagner la "création" d'un territoire.
Petit rappel : utopie (du grec. ou, non, et topos, lieu).

Frédérique FOULL


En haut : Anthony Hernandez, sans titre, 2010

http://www.utopinov.net/


REDAC' CHEFFE - Frédérique Foull

Formée aux Arts plastiques et aux Sciences & Techniques de l’Exposition (Master 2 à la Sorbonne), elle est avant tout une passionnée d’Art contemporain.

Elle a collaboré à différentes structures : Fondation Cartier (Paris), Haus am Lützowplatz (Berlin), Crédac (Ivry/Seine), Fête de l’Eau (Wattwiller)…

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le blog de l'art contemporain en Franche-Comté