De septembre 2009 à l’automne 2011, Franchement contemporain a été un blog très actif. Pas moins d’un article par mois pendant deux ans, suivant l’actualité de l’art contemporain en Franche Comté. Chroniques d’expositions mais aussi rencontres avec les artistes et les acteurs de ce secteur ont donné corps à ce projet au fil des mois.

Bénévole et entièrement libre de sa ligne rédactionnelle, ce blog a été un réel plaisir. Plaisir que je souhaite retrouver dès que possible. Sauf que les jours ne font que 24 heures…

En attendant les archives sont toujours disponibles…



mardi 29 septembre 2009

Exposition TRAFFIC-ART HIGHWAY à Besançon


BESANÇON jusqu'au 13 décembre

Le Pavé dans la Mare : Hangar aux Manoeuvres, Citadelle de Besançon
http://www.pavedanslamare.org/
Entrée libre de 10h à 17h
Du mercredi au dimanche

Li XIAOFEI - Jin JIANGBO
Yin XIUZHEN - Séverine HUBARD
Vincent LAMOUROUX - Gilles PICOUET






Le trafic est dense au Hangar aux Manœuvres.
Dans ce vaste lieu fraîchement rénové, où reposent pourtant calmement six sculptures monumentales, les projets et les interrogations bouillonnent : l'exposition orchestrée par le Pavé dans la Mare, est un projet, encore en devenir, toujours en mouvement.
Au départ, trois artistes chinois en résidence à Besançon, trois artistes français à Shanghai, en mars-avril derniers, pour deux expositions, une à Besançon aujourd'hui, l'autre à Shanghai au Fei Contemporary Art Center en mai prochain à l'occasion de Shanghai 2010.

Ces six artistes travaillent autour de la notion d'urbanité. Tel un projet de ville hybride, les buildings, les ponts, les échangeurs côtoient l'intimité des foyers. Les attentes rêvées, les représentations idéales de chacun se mêlent aux observations quotidiennes personnelles. Chaque œuvre est une pièce d'un projet ou d'une étude commune de la vie de la cité.

Traffic-Art Highway, une Chine entrée à l'unisson du monde occidental dans une période de mutations multipolaires considérables, un paysage social inconnu, inédit, un titre qui évoque l'effervescence et la modernité auxquelles les artistes ont été confrontés.


Séverine Hubard a conçu pour l'exposition une sculpture monumentale composée de plusieurs ponts de Shanghai formant un grand échangeur de bois clair. Cette œuvre sera présentée en version métal pour l'exposition de Shanghai. On retrouve l'influence de Thomas Schütte, mais également celle de Claire-Jeanne Jézéquel, avec laquelle l'artiste a travaillé, dans l'agencement des formes et dans l'importance donnée aux matériaux. Son œuvre est souple, graphique, presque artisanale, féminine et maternelle. Elle engage un dialogue, tout en nous prévenant que la voie empruntée, la question posée, ne trouvera peut-être pas sa réponse. Avec la confusion de pistes proposées, l'artiste confronte ses propres "clichés" à son ressenti, à son expérience vécue. Dans la seconde œuvre exposée, les buildings de Shanghai sont composés avec l'un des matériaux phare de la culture chinoise, le feu d'artifice, questionnant ainsi les notions de construction/destruction.

Vincent Lamouroux interroge la notion d'espace dans ce qu'elle a d'immatériel. L'enseigne AIR RIGHTS AND ABOVE représente les surfaces aériennes quantifiables, régies par des droits particuliers dont disposent les propiétaires terriens au-dessus de leurs biens dans les grandes métropoles. A qui appartient l'air de Shanghai ?



Dans le même esprit, Gilles Picouet présente une forêt de sacs en papier sur lesquels sont imprimés des silhouettes de personnages à l'échelle 1, interrogeant la marchandisation, y compris des hommes. Dans l'œuvre de Yin XiuZhen, le dessin de la voiture retournée moteur tournant sur un matelas confectionné à partir de vêtements usagés représente la société écrasée par un trafic trop dense, une consommation effrenée.

L'œuvre de Li XiaoFei offre, dans cet entrechoquement d'idées, un temps de pause, de réflexion par la diffusion de témoignages d'enfants de Shanghai et de Besançon sur leur vie quotidienne. L'oeuvre de Jin Jiangbo pose également des questions d'intimité, d'intérieur. Il présente ici une réplique de sa chambre à l'école des Beaux-Arts de Besançon, parsemée de photos prises lors de son séjour. La volonté d'habiter son environnement, marquer son passage, témoigner et écrire l'histoire, se retrouve dans le travail des trois artistes chinois. Comme dans un carnet de voyages, les témoignages les plus anodins sont conservés et pris en compte pour une analyse future.

Traffic-Art Highway est le récit d'une aventure, un dialogue entre deux cultures, qui, à travers un flux d'informations transportées par des véhicules, des ponts, des voix ou des sacs en papier, évoque les différences tout en faisant émerger une communauté de moyens de réflexion, les artistes se faisant les témoins d'un monde en mutation.

Frédérique FOULL


Toujours dans l'idée de projet en mouvement, cette exposition multiple propose des évènements satellites:

AU PAVÉ DANS LA MARE
Exposition de carnets de voyages : L’attirail de Chine
Commissariat : École régionale des beaux-arts de Besançon
Gérard Collin-Thiébaut / Laurent Devèze / Gilles Picouet

Insert Coin / Transitscape - Festival SONORAMA
Le 10 et 11 octobre de 15 à 19h
http://www.sonorama-besancon.com/

AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE BESANCON
Danse / Conférence
Le 4 octobre à 16h30
Pérégrinations sur les falaises au Mont WuYi de Delphine Ziegler et Aurore Gruel

À LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
Exposition des photographies de l’artiste chinois JIN JiangBo
À partir du 26 septembre 2009
68 Grande Rue Besançon

vendredi 25 septembre 2009

Exposition YVES VINOT à Vesoul


VESOUL jusqu'au 25 octobre


Chapelle de l'Hôtel de Ville
58 rue Paul Morel
vesoul.fr
Entrée libre de 14h à 18h
tous les jours sauf mardi et jours fériés



Vue de l'exposition
Snake - encre laquée sur chassis toilé





Un serpent émerge de la couleur. Il surgit, vif et menaçant, ses crochets acérés déchirant la fluidité des tons. A la fois aquatique et ardent, paré de rouges écailles, attributs de sédution ou braises de l'enfer, il glisse le long des contours de la toile, laqué, brillant, luisant, fruit du hasard ou véritable intention, il fascine par sa présence insolente.

Yves Vinot dessine des histoires. Peintre expressioniste, il aime partager ses aventures picturales à travers un univers onirique. Autodidacte, il crée dans son atelier de Meurcourt depuis de nombreuses années et expose régulièrement dans la région.

A retrouver ou à découvrir à la Chapelle de l'Hôtel de Ville de Vesoul jusqu'au 25 octobre.

Frédérique FOULL



yvesvinot.free.fr
Visite de son atelier (exposion permanente de ses œuvres) à Meurcourt (70).
Sur rendez-vous au 03 84 68 94 25

lundi 21 septembre 2009

Exposition LE REEL COMME MATERIAU à Montbéliard


MONTBELIARD jusqu'au 15 novembre (et jusqu'au 2.11 pour L'Oblique)

Le 19 - avenue des Alliés - 03 81 94 43 58
entrée libre - ma-sa : 14h-18h ; dim : 15h-18h
http://www.le-dix-neuf.asso.fr/

Cécile DESVIGNES - Graciela HASPER - Claude MARGUIER - Roselyne TITAUD

Samedi 19 septembre, petite virée au 19 à Montbéliard dans l'idée de suivre la visite guidée proposée par le Centre d'Art à 16h et ainsi découvrir l'exposition "Le réel comme matériau".

Les quatre artistes présentés dans cette exposition nous invitent à poser un autre regard sur le réel qui nous environne. Ils trouvent chacun dans notre environnement urbain et culturel le matériau de leur œuvre. En effet, notre cadre de vie, notre espace social, regorge de formes, de lignes, d'espaces, de contrastes formels auxquels nous ne prêtons pas spécialement attention au quotidien. Les œuvres présentées ici sont, pour la plupart, vides de personnages pour n'interroger que les rythmes, les jeux d'espace et de structure qui sont étudiés, analysés, sublimés, évoluant ainsi vers des univers simplifiés, géométriques et graphiques.

Le temps semble s'être arrété dans les photos de Roselyne Titaud. Les intérieurs qu'elle photographie sont chargés de l'absence de ses habitants : ici un pli sur un oreiller, là une cuillère à café. La présence des objets comblent le vide. Le monde extérieur n'est évoqué qu'à travers la lumière filtrée par des rideaux.
Son cadrage révèle l'ordre et le désordre qui structurent ces espaces. Ainsi la composition géométrique, la lumière diffuse et la matité des photos confèrent à ses clichés une sorte d'apaisement, de solennité, une dimension presque mystique.



Le travail de Cécile Desvignes s'articule autour des questions de cartographie, de plan, de mesure, de palier… Au 19, elle expose notamment une sculpture composée de pièces métalliques qui représentent les angles de son appartement. Ces pièces sont ici présentées en ligne. Cependant, à chaque exposition, l'artiste les agence différemment, constituant à chaque fois un nouveau plan, un nouvel espace.
Dans sa série de photos de douches, cet espace quotidien devient ici, par une prise de vue méthodique et inhabituelle (plafond de la douche), un espace nouveau, structuré par des lignes et des masses qui, dans un processus d'abstraction, déstablise notre perception, rappellant peut-être à certains leur enfance, lorsqu'ils s'amusaient à "marcher au plafond" en regardant dans un miroir.



Graciela Hasper
, artiste argentine nourrie par l'abstraction picturale, marquée par ses origines et l'histoire de son pays, s'attaque, dans ses photos numériques, à la topographie urbaine. Elle utilise la forme et la couleur de manière autonome pour souligner la dynamique formelle, surligner les tensions, accentuer les lignes de forces, ou cibler des points d'impact. Dans une des vidéos présentées, elle joue avec l'architecture des bâtiments. Sa façon de filmer devient une danse, une sorte d'étreinte sensuelle avec les structures qui l'entourent de telle sorte que notre regard ne s'arrête plus que sur les rembardes, les escaliers et les lignes abstraites ainsi dessinées.

Dans ses films, Claude Marguier joue lui aussi avec le réel. Il superpose des images, ici des images de la lune, pour créer à partir de rencontres insolites, une nouvelle image constituée de traces, de trames, de résurgences de réel, qui, devenant abstraites, perturbe notre regard.

Frédérique FOULL



Pour aller plus loin sur ses questions de géométrie, d'abstraction et de réel, vous pouvez poursuivre votre ballade à Montbéliard par la visite de l'exposition "L’Oblique, un regard sur la géométrie contemporaine" présentée jusqu'au 2 novembre au Musée du château des ducs de Wurtemberg et au Musée d'Art et d'Histoire.
En effet, les musées de Montbéliard ouvrent leur fonds d’art contemporain et présentent au public un vaste panorama d’œuvres géométriques, une centaine de peintures, sculptures et gravures abstraites traversées par l'oblique. Un voyage dans la deuxième moitié du XXe siècle.
Avec les artistes François Morellet, Véra Molnar, Gottfried Honegger, Geneviève Claisse, Charles Bézie, Diet Sayler, Mitsouko Mori, Josef Albers...


vendredi 4 septembre 2009

Exposition COLORS à Besançon


BESANÇON jusqu'au 3 octobre


Galerie Jean Greset - 5 rue Rivotte
03 81 81 38 52
entrée libre
du jeudi au samedi 10h-12h 14h-19h et sur rdv


Alan EBNOTHER (USA)
Matt Mc CLUNE (USA)
John NIXON ( AUSTRALIE)
Christina RENGGLI (CH)
Roy THURSTON (USA)


C'est la rentrée ! Avec cette 5ème exposition, la galerie Jean Greset propose une exposition collective de cinq artistes venus d'horizons différents, réunis autour d'un même thème : la couleur.

A l'occasion du vernissage, Franchement Contemporain a rencontré Alan Ebnother.


ALAN EBNOTHER
né en 1952, vit et travaille à Stanley au Nouveau-Mexique (USA)

Ne cherchez pas une quelconque figuration, pas de paysage, ni d'engagement écologiste particulier. Juste la couleur. Depuis 22 ans, Alan Ebnother peint en vert. Il en explore chaque nuance, chaque lueur.

Son travail réside d'abord dans la création même de la couleur. Dans son atelier, situé dans le désert du Nouveau-Mexique, Alan Ebnother bénéficie d'une lumière exceptionnelle. Il y invente ses nuances en choisissant et en mélangeant des pigments issus en majorité de terres (ocres, terre de Sienne) ou de pierres (lapi lazuli, malachite).

Sa couleur une fois préparée, l'artiste accorde une grande importance à l'action de peindre : "La couleur n'est pas une donnée, c'est une expérience." Elle existe au travers de sa relation avec l'homme. Pour Alan Ebnother, la couleur est un sens comme la vue, l'odorat, le toucher, etc

Ancien danseur, il envisage le geste comme constitutif de sa relation avec la couleur qu'il vient de créer. Car au-delà de la couleur, c'est un espace qu'inventent les peintures d'Alan Ebnother. Un espace construit dans la masse de la couleur et délimité par les touches. Les traces forment des ombres, dévoilent des sous-couches, forment des coulures.

Sous le vert, se dissimulent parfois du violet, du orange… Des couleurs intruses qui participent de l'espace vert créé. Celles-ci apparaissent parfois pour faire vibrer le vert en un dialogue, une danse, peut-être même un combat.

L'oeuvre fonctionne comme un monde à part entière, un morceau de couleur vivante, vibrante, qui témoigne de l'émotion, du sentiment du peintre au moment de la création. Ainsi présentée au public, elle devient le point de départ de notre propre expérience sensorielle de la couleur.

Depuis peu, Alan Ebnother peint en bleu. A suivre…
http://brenthallard.wordpress.com/2009/08/10/suspension-in-blue-alan-ebnother/

Frédérique FOULL

A gauche : 2007, oil on panel, 12×9 in. / A droite : Alan Ebnother à la galerie Jean Greset

http://www.myspace.com/alanebnother


REDAC' CHEFFE - Frédérique Foull

Formée aux Arts plastiques et aux Sciences & Techniques de l’Exposition (Master 2 à la Sorbonne), elle est avant tout une passionnée d’Art contemporain.

Elle a collaboré à différentes structures : Fondation Cartier (Paris), Haus am Lützowplatz (Berlin), Crédac (Ivry/Seine), Fête de l’Eau (Wattwiller)…

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