dimanche 29 novembre 2009

Exposition ANA GALLARDO à Belfort


BELFORT jusqu'au 23 janvier


École d'Art Gérard Jacot
2 avenue de l'Espérance
Lundi au samedi, 9h - 12h et 14h - 18h
03 84 36 62 10
http://www.ecole-art-belfort.fr/


Exposition proposée par
le 19, Centre régional d'art contemporain de Montbéliard


Alstom. Tout le monde connaît. Plus ou moins. Ou en a entendu parler. Surtout ces derniers temps.... A Belfort, Alstom est un monument, mais il semble que partout ailleurs en France, ce nom ne laisse personne indifférent. Pour les 130 ans de l'entreprise, le 19, Centre d'Art Contemporain de Montbéliard, a invité l'artiste argentine, Ana Gallardo, à travailler sur le monde "Alstom".

Pendant trois semaines de résidence à Belfort, elle a rencontré le personnel, les anciens, les retraités et les actuels. Elle a recueilli des témoignages sur leur vie au travail et en dehors, leurs espoirs et leurs craintes. Elle a récolté des objets et s'est imprégnée de l'univers Alstom.

A l'École d'Art Jacot, elle restitue ce témoignage, le mettant en scène et valorisant une mémoire collective. Comme un hommage à une histoire commune forte, qui tend à s'effacer, pour certains naturellement du fait de l'arrêt de l'activité professionnelle, pour d'autres plus violemment, par des licenciements difficilement vécus, cet univers parle à chacun de nous. A travers des histoires individuelles bien vivantes et des photos du passé, l'artiste expose un patrimoine industriel commun à tous les français.
Ana Gallardo utilise la vie des gens comme matériau de son oeuvre. Les témoignages et les objets, même et surtout les plus anodins, ainsi exposés aux visiteurs, libèrent une charge affective qui les élèvent en symbole, en emblème.

Un peu comme dans un musée d'Histoire, avec un aspect social plus marqué, les objets et récits des hommes et des femmes qui les ont utilisés, sont désormais figés, sacralisés par leur exposition. D'un respect pour l'histoire affective et humaine vécue par "celles et ceux d'Alstom", on garde une impression un peu amère de fin d'époque. Un air de lutte plane dans l'exposition.


Frédérique FOULL

mardi 24 novembre 2009

Exposition ANNE-MARIE FILAIRE à Belfort



BELFORT jusqu'au 6 janvier



Galerie du Granit, Scène Nationale de Belfort
1 fbg de Montbéliard
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h,
le dimanche de 15h à 19h
03 84 58 67 50
http://www.theatregranit.com/



Chercher sa voie. Comme on cherche l'identité des lieux qui nous entourent pour mieux se connaître soi-même. La photographe Anne-Marie Filaire questionne le paysage pour tenter de comprendre son histoire, son essence.

Au coeur de l'exposition du Granit, un livre d'artiste, "L'Observatoire", fruit d'une mission conduite à l’initiative du Ministère de l’Environnement dont le but était de constituer un fonds de séries photographiques analysant les mécanismes d'évolution des espaces dans le temps. Anne-Marie Filaire a sillonné la région du Parc Naturel Régional Livradois-Forez en Auvergne pendant 7 ans, et a photographié des endroits choisis, une fois par an. Ces photos, prises à une année d'intervalle, parlent de la structure mouvante des territoires, du changement parfois imperceptible (les saisons sont plus ou moins au rendez-vous), parfois au contraire spectaculaire (des bâtiments sont édifiés ou détruits). Cliché après cliché, l'histoire se construit sous nos yeux.

Le travail d'Anne-Marie Filaire s'apparente davantage à un journalisme d'investigation qu'à un reportage. Elle mène un profond travail de recherche sur les lieux qu'elle photographie. Les photos exposées au Granit sont tirées de séries qu'elle a réalisé lors de ses voyages en Orient et Moyen-Orient. Phnom Penh, Beyrouth, Gaza, des paysages traumatiques, des zones sensibles où le temps semble s'être arrêté. Ces paysages vides d'hommes gardent néanmoins les blessures de l'activité humaine. Tout en nuance de gris, sans contrastes violents, les clichés témoignent de ce temps suspendu, à travers une vision étrangement douce et un peu cotonneuse de la rudesse dépeinte.

Chercher sa voie. Comme dans l'oeil de cette vietnamienne, point de fuite bien nommé de ce paysage, de cette vie dans un Cambodge meurtri. Les paysages semblent construits : perspectives, bâtiments, routes, chemins. Mais quelle est la voie à emprunter ? Où se situe la frontière ? De quel côté sommes-nous ? Anne-Marie Filaire cherche jusqu'à la folie, enquête sur ces lignes, ces frontières, qui apparaissent et disparaissent, et qui, bien que souvent immatérielles, existent bel et bien pour les hommes qui les érigent.


Frédérique FOULL



En haut à droite : Anne-Marie Filaire, Beirut, septembre 2006
En bas : Anne-Marie Filaire, Phnom Penh Périphérie, 2002

Expositions à Vesoul


VESOUL jusqu'au 11 et 18 décembre


Lauréats du Salon Photo 2008
Salle des Ursulines - 1 rue des Ursulines (proche Musée Garret)
Patrick Sponem
Chapelle de l'Hôtel de Ville - 58 rue Paul Morel

Entrée libre, de 14h à 18h, tous les jours, sauf mardi et jours fériés - 03 84 97 16 60
http://www.vesoul.fr/

Les trois lauréats du salon photo 2008 se partagent les murs de la salle des Ursulines à Vesoul : Ouvrard ose les couleurs et les formats originaux pour Vesoul sous l'orage, Robinet fait apparaître de fines esquisses des alentours de la Motte tout en niveaux de gris et Delaforge capture reflets et ondes verdoyantes de la campagne haute-saônoise. Comme quoi, sous le regard de photographes de talent, les paysages les plus familiers peuvent se révéler d'une beauté étonnante.

Patrick Sponem, peintre amateur franc-comtois, réalise ses toiles "sur le motif" comme ceux qui l'inspirent, les Impressionnistes Monet, Sisley, Corot... Paysages d'ici, nos villages, nos clochers sont ici représentés avec générosité, sincérité et tendresse. En ce début d'hiver, nous avons préféré les vues pâles, douces et lumineuses aux paysages verts, peut-être un peu crus pour nos yeux engourdis par le froid qui arrive.


illustrations :
photos de Pascal Robinet.
Matin d'Hiver de P.Sponem

mardi 17 novembre 2009

Exposition ARTHUR AESCHBACHER à Besançon


BESANÇON jusqu'au 28 novembre


Galerie Jean Greset - 5 rue Rivotte
03 81 81 38 52
Entrée libre du jeudi au samedi 10h à 12h - 14h à 19h et sur rdv


Papiers, déchirés, collés…
Arthur Aeschbacher est un artiste dont le travail se rattache à celui des affichistes des années 60. Sa démarche s’en distingue pourtant, son but n’étant pas d’arracher les affiches et de les ériger en œuvre d’art, lui utilise l’affiche comme un matériau.
Les collages de papiers, déchirés aléatoirement ou découpés selon des formes bien précises, composent ses oeuvres. En carrés, ou en plusieurs cercles concentriques, les papiers découpés et collés superposés jouent des effets de matières qu’ils produisent. Les épaisseurs de papier en valorisent la matière, elle-même mélange de pâte, compressée, lissée, découpée.
Les fragments choisis sont parfois très neutres, couleur papier. D’autres, plus colorés, plus figuratifs, sont comme des clins d’œil à leur fonction originelle. Les trames de sérigraphies visibles rappellent le monde de l’imprimerie. Immenses, elles interdisent cependant toute reconnaissance. La trame est ici utilisée pour sa puissance graphique, tout comme les couleurs des papiers choisis qui déchirent les oeuvres de leur éclat.

Dans une série de travaux récents, on reconnaît dans les découpes des parties de lettres, dessinant une sorte d’alphabet, de texte codé. Noirs ou bleus encre, les caractères dissimulent leur lecture derrière un intérêt plus grand pour l’émotion graphique et contrastée que dégage l’histoire de ces lettres.

Abstraites au premier abord, les compositions d’Arthur Aeschbacher cachent parfois des éléments anthropomorphes, un œil, une bouche, qui, sans être explicites, introduisent une dimension drôle, une ambiance festive, l’atmosphère des réclames des années 60.

Frédérique FOULL

En haut à droite : Horizon sans titre, 1965
Ci-dessus : Dissident-Cut Turn, 2009

Exposition PHILIPPE AUBRY à Lure


LURE jusqu'au 22 novembre


Les Écuries
Rue Jean Girardot - Lure
http://www.les-ecuries.org/


Entrée libre les samedis et dimanches de 14h à 18h


La salle d’exposition aménagée dans la dernière « case » des ateliers d’artistes « Les Écuries » de Lure, accueille jusqu’au 22 novembre, les œuvres de Philippe Aubry. Le peintre vésulien inaugure ce lieu récemment rénové pour recevoir des expositions tout au long de l’année. Bien connu des amateurs d’Art de Haute-Saône, il expose une série de travaux récents qui se déploient sur les murs sous un éclairage finement maîtrisé.

Souvent, une ou plusieurs figures y sont représentées. Évanescentes, mirifiques, leur présence est pourtant réellement enveloppante.
Dans le travail de Philippe Aubry, la recherche picturale prédomine. Le geste, la façon d’ « écrire » la toile révèle une intention d’éléments toniques, ventés voire aquatiques. Les jeux de transparence, induits par le contraste entre des formes opaques et brillantes et des jus aquarellés, créent de la profondeur, aménagent l’espace. Enfin les couleurs, fraîches et puissantes, posent le décor, comme un mirage, quelque chose d’une oasis…
Frédérique FOULL

samedi 14 novembre 2009

Exposition PASSAGE A FAUNE à Altkirch

ALTKIRCH jusqu'au 3 janvier


Bertille BAK / Damien CADIO

CRAC Alsace, Centre Rhénan d’Art Contemporain
18 rue du château - Altkirch (68)
03 89 08 82 59 http://www.cracalsace.com/
Entrée libre du mardi au vendredi de 10h à 18h
Le week-end de 14h30 à 19h


Faune n.f.(lat.sc.fauna). 1. Ensemble des espèces animales vivant dans un espace géographique ou un habitat déterminé.
L’habitat en question ici, est le CRAC Alsace. Perché sur cette colline qui jaillit au cœur de la ville, cet ancien lycée héberge, ces temps-ci, une faune à la fois étrange et familière, fruit du travail de deux artistes, Bertille Bak et Damien Cadio.

Comme deux espèces animales distinctes, leurs oeuvres se partagent l’espace, cohabitent dans les couloirs, se jaugent, se répondent sans jamais vraiment s’affronter. Deux œuvres narratives, basées sur des éléments réels : la réalité brute des cités minières du nord de la France pour Bertille Bak, des photos trouvées, des peintures, des films pour Damien Cadio. Le mode fictionnel prend rapidement le relais pour pénétrer des univers peuplés d’êtres extraordinaires, d’animaux inquiétants, de rockstars survoltées, de majorettes et de poules…

Une faune à l’étude. Selon les mêmes procédés qu’une ethnologue, Bertille Bak a choisi un terrain - Barlin, petite cité minière du Pas-de-Calais - et y filme ses habitants. Quand soudain, entre les témoignages de la vie ordinaire en patois chti, et le déplumage de la volaille, des scènes étranges ont lieu. Des situations complètement irréelles et décalées sont mises en scène : un homme essaie de voler, des enfants fabriquent des frites sur un chariot en plein champ, des majorettes manifestent… Avec un certain humour, qui permet de prendre du recul face à une réalité sociale douloureuse dans ces cités démantelées, l’artiste se penche sur la notion de communauté. Elle témoigne avec modestie, tendresse et poésie, d’un avenir utopique, des rêves des habitants qui se confondent dramatiquement avec une histoire passée, une mémoire qui tend à disparaître.


La faune de Damien Cadio est, quant à elle, représentée sur des toiles, souvent de petites tailles, parfois rassemblées en petits groupes. Damien Cadio est peintre. Il puise, dans des documents préexistants, une imagerie choisie de manière instinctive, révélant sa part d’ombre.
Faune n.m (lat.faunus). 2. MYTH.ROM. Divinité champêtre, représentée avec des cornes et des pieds de chèvre. Chez Damien Cadio, des monstres, des animaux féroces, des personnages masqués interrogent les peurs, les angoisses de chacun. L’inquiétude face à ces représentations mi-fantastiques, mi-réelles est palpable. Les teintes sombres, les flous, les cadrages douteux ont pour fonction de placer le spectateur dans une certaine retenue, une attente, qui enclenche chez lui des fictions personnelles.


Les toiles fonctionnent comme des indices. Les titres qu’il donne à ses œuvres en sont d’autres : en décalage, énigmatiques ou ironiques, les pistes sont brouillées par les jeux de langues. La distance instaurée par les titres gomme ce côté sombre et angoissant, plaçant la peinture dans une sorte de projet iconographique, une galerie de portraits, une collection d’images.

Tout le monde a déjà vu ces passerelles qui enjambent les autoroutes et qui sont censées être empruntées par les animaux sauvages ; ces lieux de transit restent pourtant relativement mystérieux. Que s’y passe t’il réellement ?
En quittant l’exposition, une impression persiste : serait-il possible que la nuit, tous ces êtres surnaturels se réveillent et se mettent à hurler, à faire des courses d’auto-tamponneuses, à jouer de la guitare, et à vivre enfin leurs rêves ?

Frédérique FOULL

photo 1 : Bertille Bak, Court n°2
photo n°2 : Damien Cadio, Diem Hadas Suns
courtoisie des artistes


dimanche 8 novembre 2009

Exposition MELTING POWER de STEPHANE COUTURIER à Belfort


BELFORT jusqu'au 29 novembre



Halle Fréry
Rue du Docteur Fréry
Entrée libre, mercredi et samedi, de 7h à 12h
Musée des Beaux-Arts - Tour 41
Rue Georges Pompidou
Entrée 2 euros, tous les jours sauf le mardi, 10h à 12h et 14h à 17h
03 84 54 25 51
musees-franchecomte.com


Au-dessus des étals chargés de salades, de pommes, et d'oranges, brillantes sous le reflet du soleil matinal, se dressent fièrement les grandes photographies de Stéphane Couturier. Depuis quelques temps, les habitués du marché Fréry découvrent les clichés réalisés par le photographe dans les ateliers des usines Alstom au cours de l'année 2008-2009, clichés mettant à l'honneur le monde de l'industrie et de l'innovation technologique, familier pour beaucoup de belfortains.

Ces images aux couleurs intenses, imprimées sur des bâches de plusieurs mètres de haut, d'une présence imposante, vivent et respirent tous les mercredis et samedis matin, au rythme des commerçants du marché.
On retrouve dans l'accrochage des œuvres, dans ce temple à l'architecture métallique travaillée, quelque chose des grandes tentures représentant des scènes bibliques qui habillent parfois les églises. Ici, les œuvres célèbrent les hommes au travail dans ce lieu où l’effervescence du commerce accentue l'impression de fourmillement des photos. A la limite de l'abstraction, ces grands formats rappellent certaines photographies d'Andreas Gursky ou de Candida Höfer à travers les perspectives, les couleurs et l'apparente complexité des structures formelles.

Quittons le marché - et le pari réussi de présenter les œuvres de Stéphane Couturier dans la Halle Fréry, au cœur de la population - pour le musée des Beaux-Arts, qui accueille la suite de l'exposition. A la Tour 41, les œuvres se sont glissées au sein de la collection permanente, la ponctuant de "contemporain". Leur disposition n'est pas thématique: libre au visiteur de trouver des affinités entre les œuvres, affinités surtout formelles et chromatiques. Entre photographie et peinture, les œuvres de Stéphane Couturier résultent de fusions d'images retravaillées et colorisées. Certaines lignes sont accentuées, retracées, délimitant de nouvelles formes, isolées par la couleur, rappellant presque instinctivement l'œuvre des Delaunay. Les images sont composées, assemblées, superposées. Comme à l'atelier, les formes deviennent les pièces d'une grande mécanique. Compas, équerres, règles, gabarits, les formes-outils transformées par les couleurs à la fois vives et douces, ramènent une dimension humaine à travers l'imagerie du jeu, plus précisément du jouet, dans un univers perçu comme dur, froid et robotisé.

Des oranges du marché à la peinture d'André Masson, la cohabitation avec les œuvres de Stéphane Couturier fonctionne par analogie, résonnance. L'artiste joue avec les couleurs, retrace et accentue les formes, tout en restant fidèle au sujet qu'il photographie, les machines, l'industrie, le travail, mettant en valeur l'esprit des usines et rendant hommage aux hommes qui ont participé à l'aventure Alstom à Belfort depuis 1879.


Frédérique FOULL



REDAC' CHEFFE - Frédérique Foull

Formée aux Arts plastiques et aux Sciences & Techniques de l’Exposition (Master 2 à la Sorbonne), elle est avant tout une passionnée d’Art contemporain.

Elle a collaboré à différentes structures : Fondation Cartier (Paris), Haus am Lützowplatz (Berlin), Crédac (Ivry/Seine), Fête de l’Eau (Wattwiller)…

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